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Femmes au foyer, vous êtes attendues sur le marché de l’emploi québécois !

Publié le 12 octobre 2021

Quand les femmes accompagnent leur conjoint dans le projet d’immigration, elles sont susceptibles de subir une baisse de confiance importante si elles ne parviennent pas à trouver un emploi à leur arrivée. Un décalage peut alors s’installer entre elles et leur conjoint, marqué par une certaine perte d’autonomie, ainsi qu’une dépréciation qui peut les entraîner dans l’isolement. Pour lutter contre ce phénomène, il existe des organismes dédiés aux femmes immigrantes.

Portrait de la nouvelle arrivante au Québec

Certaines femmes qui n’occupent pas un emploi, salarié ou à la tête de leur propre entreprise, peuvent souffrir de n’être pas valorisées comme elles le seraient dans le cas contraire. Aujourd’hui encore, les femmes au foyer sont associées à des personnes peu impliquées dans la collectivité et qui n’ont guère de connaissances. Pourtant elles ont en elles une mine inépuisable de ressources. Outre une vision périphérique, elles bénéficient d’une acuité globale. Elles sont traditionnellement le pilier de la famille et la référence vers laquelle se tourne chaque membre du foyer quand survient un problème. Le déménagement au Québec a comme résultat (pour quelques-unes) de ne pas travailler à l’extérieur. Soit parce qu’elles ont toujours été à la maison, soit parce qu’elles ne peuvent compter sur une première expérience québécoise de travail, ou encore parce qu’elles doivent suivre le processus de reconnaissance de diplômes. « Quelle qu’en soit la raison, nous avons mis en place des outils afin de répondre aux besoins spécifiques des femmes immigrantes via le service de l’ANCRE », annonce Claudia Bédard, coordinatrice et conseillère en emploi à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Réussir sa transition entre la vie au foyer et la vie sur le marché du travail

Elle explique que les femmes qui souhaitent reprendre une activité professionnelle peuvent rencontrer des conseillères ou des conseillers pour faire le point sur leur situation et leurs besoins. Est-ce le bon moment pour retourner sur le marché du travail ? Est-ce qu’il serait judicieux de proposer des étapes de transition ? Chaque future candidate aura alors une piste de réflexion tenant compte de ses intérêts et de ses aspirations. La conseillère ou le conseiller l’accompagnera afin qu’elle augmente sa connaissance de soi, qu’elle prenne conscience de sa valeur ajoutée et qu’elle ait accès à un bilan de compétences professionnel, mais aussi personnel. Le point est fait sur les emplois occupés précédemment et les tâches qui ont apporté de la satisfaction. Pourtant certaines femmes se sentent exclues, car leur principale occupation était la logistique du foyer familial. « C’est alors, développe Mme Bédard, qu’il faut leur apporter de l’aide pour qu’elles aillent chercher en elles la valorisation de ces compétences, qu’elles occultent bien souvent, convaincues qu’elles ne sont pas importantes ». Organiser des fêtes d’anniversaire signifie avoir les capacités de base pour organiser des événements. Régler les conflits entre les membres de la famille est un autre atout qui pourrait bien servir dans le cadre des ressources humaines. Prendre soin d’enfants aux besoins particuliers engendre une organisation et un savoir-faire professionnels. Ces femmes sont d’excellentes futures employées qui s’ignorent, et qui n’attendent que la familiarisation avec le milieu du travail pour y accéder.

À cet effet, un outil de formation a été créé pour les femmes de toutes les cultures, leur permettant d’avoir une photographie de leurs compétences développées en dehors du marché officiel du travail. Elles peuvent faire un premier point au moyen d’un questionnaire d’autoévaluation. « À l’issue de ces douze heures de formation, elles ont appris à verbaliser leurs aptitudes et en faire le transfert, si nécessaire, lors d’une entrevue », mentionne Claudia Bédard qui poursuit que leur organisme aide les futures candidates à découvrir le marché du travail du Haut-Richelieu. Des ateliers sont organisés afin de rencontrer les entreprises, découvrir les secteurs d’activité et les emplois à y pourvoir. C’est l’occasion de s’approprier la culture des entreprises québécoises d’y faire des stages afin de reprendre une confiance perdue en elles, mais aussi de créer des liens. L’important étant d’explorer, de clarifier et d’identifier les attentes et les besoins : retourner aux études ou trouver chaussure professionnelle à son pied, le tout dans une démarche personnalisée.

L’ANCRE est un service de la Corporation du Droit à l’emploi, situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui permet notamment aux femmes nouvellement installées dans le Haut-Richelieu d’être orientées vers les ressources du milieu, avec un accompagnement sur mesure et grâce à des programmes adaptés pour la femme immigrante.

Cet article a été possible grâce à la participation financière du gouvernement du Québec.

Le service L’ANCRE de la Corporation Droit à l’emploi vise à favoriser l’établissement et l’intégration durable des personnes immigrantes sur le territoire du Haut-Richelieu.
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