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Publié le 27 juin 2019

Immigration : la plateforme Arrima est officiellement ouverte

lancement arrima annonce officielle

On en sait davantage sur la plateforme Arrima, pierre angulaire de la nouvelle politique québécoise en matière d’immigration, qui doit permettre au gouvernement d’outiller entreprises et collectivités pour mieux répondre à leurs besoins économiques réels. L’occasion de revenir sur les 18 000 dossiers annulés et de mettre en lumière les questions qui subsistent.

C’est lors d’une conférence de presse donnée à la Maison du Développement durable, à Montréal, que le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, M. Simon Jolin-Barrette, a annoncé le lancement de la plateforme Arrima. Introduite il y a bientôt un an par le précédent gouvernement libéral, Arrima constitue la nouvelle étape préalable à l’immigration économique au Québec, qui va transformer en profondeur le processus de sélection permanente des travailleurs qualifiés. En effet, il est bon de rappeler que ce nouveau système ne concerne pas les catégories suivantes :

  • les étudiants et travailleurs éligibles au Programme de l’expérience québécoise (PEQ),
  • les demandeurs d’asile,
  • les réfugiés, et
  • les personnes concernées par le regroupement familial.

À terme, l’objectif du gouvernement est de mettre en place un système d’immigration économique basé sur « la sélection des immigrants en fonction des besoins réels du Québec », selon les termes du ministre - par opposition à l’ancien système du premier arrivé, premier servi.

Pour les personnes concernées, notamment celles touchées par l’annulation définitive des 18 000 dossiers en traitement selon l’ancien système, comment cela fonctionne-t-il désormais ?

Procédure en deux étapes et délais de traitement plus courts

La nouvelle procédure suit deux étapes distinctes, réalisées chacune sur une plateforme qui lui est dédiée.

Première étape, la déclaration d’intérêt du candidat à l’immigration, qui se fait depuis la plateforme Arrima. Cette étape est gratuite. Elle revient, pour la personne, à remplir un formulaire en ligne d’une heure environ. Après envoi du formulaire, cette personne rejoint un bassin de candidats qui seront, selon les cas ou les besoins, invités à passer à la seconde étape.

Cette seconde étape est celle de la soumission d’une demande de sélection permanente par le Québec. Lorsqu’une personne y est invitée, la personne dispose de 60 jours pour présenter sa demande, depuis une autre plateforme, bien connue celle-ci : Mon Projet Québec. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion annonce alors un délai de traitement de 6 mois (contre 36 mois précédemment) avant l’obtention du fameux certificat de sélection du Québec (CSQ).

Sur quels critères les candidats seront-ils invités à présenter leur demande ? Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, dont :

  • le potentiel d’intégration professionnelle du profil présenté au stade de la déclaration d’intérêt,
  • son intention de s’installer en région,
  • si la personne occupe déjà un emploi au Québec ou encore
  • si elle s’est vue offrir un travail par un employeur québécois.

L’ancienne grille de sélection, basée sur un système de points, va demeurer sous sa forme actuelle au stade de la demande. Le pointage sera peut-être revu ultérieurement, afin de donner moins de poids aux niveaux. Mais, comme l’a rappelé le ministre, le pointage au stade de la demande n’est pas aussi important qu’il l’était dans l’ancien système : si la personne est invitée à présenter sa demande, c’est qu’elle présente un intérêt pour les employeurs québécois.

Pour l’heure, le ministère a annoncé vouloir donner la priorité à un certain nombre de personnes, dont certaines faisaient partie des 18 000 dossiers définitivement enterrés lors du vote de la loi n° 9, le 16 juin dernier.

Priorité aux personnes déjà au Québec ou munies d’une offre d’emploi

Le ministre a rappelé avoir intégré un amendement spécifique à la loi n° 9 pour venir en aide à une partie des 18 000 dossiers annulés, 3 700 d’entre eux, plus précisément.

Il s’agit des personnes qui avaient présenté leur demande de sélection permanente dans le cadre du Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ)

  • alors qu’elles séjournaient temporairement au Québec, ou
  • qui sont aujourd’hui sur le territoire québécois (au titre de résident temporaire).

Autre cas d’invitation prioritaire : les personnes qui ont reçu une offre d’emploi validée de la part d’un employeur québécois.

Ces personnes sont invitées dès aujourd’hui à soumettre leur déclaration d’intérêt sur la plateforme Arrima. Elles seront les premières à être invitées à présenter une nouvelle demande.

Tous les autres, y compris les 14 000 dossiers restants, doivent désormais entamer une nouvelle procédure via Arrima, en espérant être sélectionnés rapidement.

Une mise en application fortement attendue

La question de l’adéquation entre les besoins du marché de l’emploi et, conséquemment, la sélection de la main-d’œuvre immigrante supposée répondre à ces besoins est au cœur d’une problématique : celle de sa mise en œuvre. Comment être certain que les employeurs disposent de la visibilité et des outils nécessaires pour recruter cette main-d’œuvre potentielle ? Comment s’assurer que les régions profiteront bien de ce nouveau système ? Comment garantir que les nouveaux arrivants seront bien en mesure d’exercer le mqétier qu’ils sont supposés faire ?

Au cours de la conférence de presse, le ministre a présenté le Portail employeur, une interface qui permettra aux entreprises québécoises d’accéder au bassin de personnes qui ont déclaré leur intérêt sur Arrima (et donc à leur profil), et d’entrer directement en contact avec elles. Ce portail devrait être opérationnel en février 2020.

M. Jolin-Barrette a également évoqué son intention de mieux coordonner l’action de son bureau avec celle du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale pour définir précisément les besoins par région, et même par collectivité. Un préalable essentiel si l’on souhaite attirer et retenir la main-d’œuvre étrangère en région, puisque la réponse à la pénurie de travailleurs par la régionalisation est au cœur de la réforme entamée par la loi n° 9.

Le ministre a promis de nouvelles annonces, dans les prochaines semaines, concernant cette question — de même que celles de l’intégration ou encore de la francisation des futurs nouveaux arrivants.

Rien n’a filtré, en revanche, concernant l’accès de cette nouvelle immigration économique aux professions et métiers réglementés, dont beaucoup souffrent aujourd’hui de la pénurie. Une réflexion sur les règles qui entourent la reconnaissance des diplômes et des compétences acquises à l’étranger semble désormais inéluctable, au risque de sélectionner des travailleurs qui ne seront pas en mesure d’exercer, à leur arrivée, le métier pour lequel ils auront été choisis.

Auteur : Basile Moratille

Responsable des contenus éditoriaux, Immigrant Québec

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