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Publié le 12 novembre 2019

Montréal, sur les traces de Léonard Cohen

Léonard Cohen Montréal murale

Comme un marin revient toujours à son port d’attache, Montréal est une ville phare pour Léonard Cohen, « sa » ville comme il aimait à le rappeler. Celle de sa naissance, de son enfance, sa ville d’étudiant, celle de ses premiers pas d’écrivain. Si sa voix s’est éteinte, le 7 novembre 2016, Montréal continue de bruisser des souvenirs du grand artiste canadien.

Un peu plus de trois ans après sa mort et à quelques jours de la sortie de Thanks for the Dance, un album posthume œuvre de son fils Adam, promenons-nous à Montréal sur les traces de Léonard Cohen.

Immense. L’hommage de Montréal à Léonard Cohen est proportionnel à son talent. En témoigne ce portrait du chanteur de 11 000 pieds carrés, réalisé le 7 novembre 2017, par les artistes El Mac et Gene Pendon, à partir d’une photo prise par Lorca Cohen, la fille de l’artiste. L’imposante murale orne le 1420 rue Crescent, dans l’arrondissement de Ville-Marie, s’observant de jour comme de nuit – elle est illuminée depuis juin 2019 – du belvédère Kondiaronk en haut du Mont-Royal.

L’homme lui était modeste. Ses origines toutefois, un peu moins.

Naissance d’un poète

C’est dans la ville de Westmount, au cœur de Montréal, que Léonard Cohen voit le jour , le 21 septembre 1934. Issu d’un milieu aisé, appartenant à la communauté juive montréalaise, il grandit au 599 Belmont Avenue.  Dans la très huppée ville anglophone, son enfance prend des airs de campagne anglaise. Jeune garçon, il fréquente régulièrement la synagogue Shaar Hashomayim, 450 avenue Kensington, dont son arrière-grand-père a été un des membres fondateurs. La religion a toujours été un thème cher à l’écriture de Léonard Cohen. Mais avant d’être l’immense auteur-compositeur-interprète à la voix de bronze, le jeune « Lenny » rêve de poésie et d’ailleurs. Il commence par voir plus loin que son quartier et le seul parc Murray Hill (devenu parc King George) qu’il a tant arpenté enfant.

En intégrant à 17 ans la prestigieuse Université McGill, 845 rue Sherbrooke Ouest, dans le centre-ville, son horizon s’élargit. Son talent aussi. Il s’accomplit, remporte plusieurs prix de poésie jusqu’à la publication de son premier recueil, Let Us Compare Mythologies (1956), dans lequel figure le poème Satan in Westmount. Laissant le diable à son quartier d’enfance, Léonard prend son envol.

Montréal incarnée par Suzanne

Au fil des années, le poète devient romancier, puis parolier et interprète. Le monde s’ouvre à lui, d’abord Londres, puis l’île d’Hydra, en Grèce, qui deviendra son fief – tout comme New-York quelques années plus tard, et Los Angeles. On pourrait croire alors que Montréal est loin. La métropole est au contraire tout près, s’incarnant comme son auteur, tout en discrétion dans sa poésie ou sa musique. Derrière le succès de la chanson Suzanne - qui fait référence à son amie Suzanne Verdal, femme du sculpteur québécois Armand Vaillancourt- le chanteur évoque les bords du fleuve, le Vieux Port ainsi que la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours dans le Vieux-Montréal, 400 rue Saint-Paul Est, avec sa madone dominant l’édifice et le port.

« And the sun pours down like honey

On our lady of the harbour »

(Et le soleil coule comme du miel/ Sur notre dame, madone du port)

Pour les admirateurs du poète, l’église des marins devient ainsi un lieu de culte obligé.

De chanson en succès, le monde entier fait de Léonard Cohen son citoyen honoraire. Mais le crooner mélancolique et aux textes ciselés reste profondément habité par la ville de son enfance.

Son repaire de la rue Vallières

Il lève l’ancre facilement et s’en revient épisodiquement dans les eaux du fleuve Saint-Laurent, au point d’acquérir au début des années 1970 une petite maison face au Parc du Portugal sur le Plateau–Mont-Royal, 28 rue Vallières. C’est son repaire. Dans ce quartier tranquille, peuplé de familles immigrées portugaises ou grecques, il a ses places d’habitué, fréquentant pour ses déjeuners le Bagel etc, 4320 boulevard Saint-Laurent, ou encore dégustant un fameux sandwich à la viande fumée chez Schwartz’s Deli, au 3895 du même boulevard Saint-Laurent. Partout décrit comme un homme courtois, élégant et discret, l’artiste signe parfois un texte imprégné de son environnement paisible : « D’une fenêtre du second étage / Donnant sur le parc du Portugal / J’ai regardé la neige / Tomber toute la journée (…) », Book of Longing, édition française : Le Livre du Désir.

Crédit : Coastal Elite

À deux pas de là, le poète a manqué de peu son effigie, sur le boulevard Saint-Laurent, au coin de la rue Napoléon, avec la murale de Kevin Ledo réalisée en juin 2017, à 40 mètres de hauteur.

« Il y a une brèche en toute chose, c’est par là qu’entre la lumière » disait Cohen en 1992. Habité par les thèmes de l’amour, de la souffrance, des femmes, du sexe, de la barbarie, de la religion, l’artiste s’est éteint le 7 novembre 2016 dans l’ombre d’une vie de lumière, pour s’en aller rejoindre les siens au cimetière du Mont-Royal, dans la partie concédée à la congrégation Shaar Hashomayim.

Depuis, Montréal le fête, l’honore et le pleure aussi.

Crédit image de couverture : Francis Mariani

Auteur : Armelle Pieroni-Christin

Après avoir travaillé 10 ans comme journaliste plurimédia pour la Ville de Paris, l'amour du Québec a eu raison de cette rédactrice-jurée littéraire, installée en famille à Montréal depuis août 2018. Ses passions ? La littérature, bien sûr, les voyages, les rencontres et tout ce qui a trait à la Belle Province, naturellement !

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