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Publié le 12 mai 2016

Attention ! Question discriminatoire en vue

En entrevue, un recruteur peut-il demander tout et n’importe quoi ? S’il est vrai que les employeurs disposent d’une grande discrétion quant au choix de leurs employés, certaines règles existent. Plusieurs questions d’entrevue sont illégales, car elles sont discriminatoires.

Selon la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, la discrimination, c’est lorsqu’un individu est traité différemment en raison des caractéristiques qui lui sont propres et qui sont immuables ou difficilement modifiables. On pense, entre autres, à la couleur, l’origine ethnique, la religion, la condition sociale, la langue (accent) et au sexe.

Encore aujourd’hui, plusieurs employeurs s’aventurent sur ce terrain. Que faire si l’on vous pose une question discriminatoire ?

1.  Déterminer si elle est bien discriminatoire. En effet, certaines demandes d’information personnelle peuvent être acceptables si elles se rapportent à une exigence objectivement requise par l’emploi.

2.  Essayez de comprendre le réel motif de la question. L’employeur craint-il, par exemple, que l’employé pratiquant une autre religion s’absente dans des périodes très actives de travail pour participer à des fêtes religieuses ? Une fois la réelle inquiétude identifiée, il vous sera plus facile d’y répondre.

Bien que vous ne soyez pas tenu de répondre aux questions discriminatoires, ce n’est pas forcément la meilleure stratégie. Voici quelques pistes :

• Demander au recruteur de reformuler sa question : « je ne suis pas sûr de comprendre en quoi ma religion est importante pour le poste. Pourriez-vous préciser votre question ? »

• Reformuler vous-même la question : « si je comprends bien votre question, vous craignez que mes croyances aient un impact négatif sur mon engagement au travail ? »

• Répondre directement à la réelle préoccupation du recruteur : « je comprends que ce poste demande une grande disponibilité. Mes précédents employeurs pourront témoigner que je possède cette aptitude ».

La discrimination, toujours négative ?

Il existe au Québec des programmes de discrimination positive à l’embauche qui ont pour but de favoriser le recrutement de personnes appartenant à des groupes historiquement discriminés. C’est le cas des femmes, des minorités visibles ou racisées, des minorités ethniques, des Autochtones et des personnes handicapées. L’employeur doit alors clairement indiquer que ces renseignements sont facultatifs et que l’entreprise ou l’organisme qui les demandent le fait dans le cadre d’un programme d’accès à l’égalité. Bien que ça pourrait vous avantager, vous n’avez aucune obligation d’y répondre.

Faire valoir ses droits

Si vous pensez avoir été victime de discrimination fondée sur un des motifs interdits par la Charte, vous pouvez porter plainte auprès de la Commission des droits de la personne. En cas de doute, contactez la Commission pour savoir si votre plainte est légitime. Si c’est le cas, elle vous aidera à la formuler.

Auteur : CREMCV (Centre de ressources en employabilité Montréal Centre-Ville)

Le Club de recherche d’emploi Montréal Centre-Ville a pour mission de favoriser l’employabilité en tenant compte des besoins des personnes et avec sensibilité.

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