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Publié le 23 octobre 2019

Devenir citoyen canadien, le choix d’une vie

citoyenneté canada

Pour de nombreux immigrants, devenir citoyen constitue la dernière étape d’un long processus d’enracinement et d’intégration. Si la cérémonie de citoyenneté vient couronner ce moment unique, qu’en est-il de l’état d’esprit de ceux qui ont dû choisir parmi deux nationalités ? Et, finalement, que revêt cette notion de citoyenneté canadienne ?

« Veuillez tous vous lever pour l’entrée du cortège ». C’est un public bien particulier qui a pris place ce mercredi d’octobre dans la salle de spectacle d’un collège de Montréal. 300 personnes de tous âges, la plupart habillées en tenue de soirée et un peu nerveuses. Originaires de 74 pays différents, tous sont venus pour la cérémonie de citoyenneté, ultime étape avant de devenir officiellement canadien, au cours de laquelle ils prêteront allégeance à la Reine, chanteront l’hymne canadien dans les deux langues officielles, l’anglais et le français, et signeront leur certificat de citoyenneté. Face à eux, un greffier, et une juge dont le discours est empreint d’humanité et de solennité : « Vous vous êtes adaptés à un nouveau pays, une nouvelle langue, un nouveau climat. Il vous a fallu tout reconstruire votre réseau, vos habitudes, votre environnement, vous n’êtes pas un fardeau et vous avez l’intention de contribuer à la progression du pays. »

 Un protocole symbolique

« La cérémonie très protocolaire donne l’idée que ce n’est pas une action légère de prendre la citoyenneté canadienne », explique Carolyne Jannard, thérapeute en relation d’aide et co-auteure du livre Afghan et musulman, le Québec m’a conquis. « Cela implique des choix, et la cérémonie vient consacrer l’acceptation de ces choix : l’égalité homme-femme, l’éducation des enfants… Selon l’adage, qui prend mari, prend pays ; mais qui prend pays, prend culture. »

Crédit : Armelle Pieroni-Christin

Une culture ainsi que des lois que tous les candidats de 14 ans et plus jurent d’observer fidèlement en prêtant le serment de citoyenneté, debout la main droite levée.

Sheyda, d’origine iranienne, est particulièrement émue : « C’est un grand moment pour moi, la fin de 7 années de procédure… Avec la nationalité canadienne, je vais pouvoir me déplacer plus librement et enfin pouvoir aller aux États-Unis où j’ai beaucoup de famille ».

Quant à sa nationalité iranienne, comme la majorité des États dans le monde, l’Iran accepte le principe de double nationalité. Un soulagement pour Sheyda, alors que d’autres candidats à la citoyenneté ont dû faire un choix particulièrement difficile, celui de se défaire de leur nationalité d’origine.

 Le sacrifice de la nationalité d’origine

Odette, 56 ans, est venue assister à la cérémonie de citoyenneté de sa fille Marilyne 37 ans, et de ses petits-enfants, Alison, 12 ans et Anderson 10 ans. À part la petite dernière Amelyson, 1 an, née au Canada, tous sont d’origine camerounaise. Rester Camerounais ou devenir Canadien, il a fallu choisir. Le Cameroun fait partie de la soixantaine de pays interdisant ou restreignant la double nationalité, au même titre que les Pays-Bas, l’Estonie, l’Autriche, l’Espagne, la Norvège, la Chine, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan ou encore la République démocratique du Congo.

Crédit : Armelle Pieroni-Christin

Pour Odette, dont le dossier de résidence permanente est en cours, les choses sont très claires : « ma fille a décidé de venir vivre avec ses enfants au Canada, elle doit donc s’adapter et vivre avec les lois du pays. Et puis, rappelle-t-elle, il n’y a pas obligation de demander la citoyenneté, c’est un choix, c’est ma fille qui a fait la démarche ». Maryline approuve en nuançant « La double nationalité, ce serait mieux… Mais c’est un sentiment de joie et d’aboutissement si grands, nous étions canadiens dans le cœur, nous le sommes maintenant sur le papier ».

Pour Odette, les droits qu’offre le Canada sont plus forts que le fait de perdre sa nationalité d’origine. « Ici, les droits de la femme sont respectés, de jour comme de nuit je me sens en sécurité, et j’ai une protection santé. Alors ce qui changera quand je deviendrai citoyenne canadienne, c’est de me sentir encore plus protégée au niveau de ces droits. »

Le sacrifice de sa citoyenneté d’origine relèverait-il parfois plus d’un concept intellectuel ? Oui, l’affirme Carolyne Jannard : « La citoyenneté, c’est une idée qui se concrétise avec des papiers, qu’on officialise, mais en fait c’est comme les frontières, elles n’existent que parce qu’on en a décidé ainsi. Quelqu’un peut ne plus avoir son passeport, mais dans les fondements de son cœur, ça ne veut pas dire qu’il n’est plus citoyen. Cela va dépendre à quel point la personne est identifiée à sa citoyenneté. C’est vraiment du cas par cas », souligne la thérapeute.

La fin de la cérémonie se précise. « Pour la première fois, on peut vous appeler “Chers citoyens canadiens” » déclare en souriant la juge, elle-même issue de l’immigration.

Ali, d’origine libanaise, pousse un soupir de soulagement, « ça fait exactement 5 ans et 4 mois que je suis là et je veux donner le meilleur de moi-même à ce pays auquel j’appartiens désormais et qui a su m’accueillir ». Comme ses 300 nouveaux compatriotes canadiens, il lui faudra juste attendre deux jours ouvrables après la cérémonie pour faire sa demande officielle de passeport. Canadiens dans l’âme, ils le sont déjà tous depuis longtemps.

Auteur : Armelle Pieroni-Christin

Après avoir travaillé 10 ans comme journaliste plurimédia pour la Ville de Paris, l'amour du Québec a eu raison de cette rédactrice-jurée littéraire, installée en famille à Montréal depuis août 2018. Ses passions ? La littérature, bien sûr, les voyages, les rencontres et tout ce qui a trait à la Belle Province, naturellement !

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