En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins d’analyse et de statistiques visant à améliorer le contenu du site et votre expérience En savoir plus
Toutes les informations pour immigrer, vivre, travailler et étudier au Québec (Canada)

Publié le 23 août 2019

Deux parents, deux langues, un bébé

éducation bilingue maison pratique apprentissage

Quand on est un couple mixte et qu’on devient parents, l’éducation linguistique de l’enfant peut être un vrai casse-tête. Comment préserver les deux langues tout en permettant le meilleur apprentissage ? Témoignages.

Quand la Québécoise Nancy et son mari mexicain Lisandro parlent du bébé qu’ils attendent, ils se disent que leur fille va parler deux langues plus tard, et ils aiment cette idée. Pendant sa grossesse, Nancy fait quelques lectures sur le sujet. Anaïs naît au Mexique, quelques mois avant que la famille ne déménage au Québec. « On s’était dit que je lui parlerais en français et Lisandro en espagnol, se souvient Nancy. Pour moi, c’était super important de lui parler en français, car elle a passé ses premiers mois dans un milieu hispanophone. Et c’était très naturel pour moi. »

Cette richesse de langues vient aussi avec une richesse culturelle, qui a toujours intéressé Luc, un autre papa québécois. Pendant la grossesse de sa femme Mandy, immigrée de Chine, le couple discute de l’importance qu’il attache à ce que leur fille grandisse dans les deux cultures de ses parents. « En voyant une tante élever ses enfants entre les cultures québécoise et espagnole, j’avais ressenti une certaine envie par rapport aux petits cousins. J’étais heureux de penser que ma fille pourrait avoir le même genre d’opportunité, raconte Luc. Mandy et moi étions d’accord à ce sujet. »

Mais leur fille Hannah montre assez vite des difficultés à s’exprimer, ce qui inquiète un peu son père. D’autant que Mandy tentait au début de parler à sa fille en français. « Mais sa maîtrise de la langue était vraiment médiocre. Pour Hannah, ce n’était pas bon que sa mère ne s’exprime pas correctement dans leur langue de communication. Alors j’ai insisté pour qu’elle lui parle mandarin. » Finalement, c’est dans cette langue que Hannah prononce ses premiers mots.

Compenser la langue minoritaire à la maison

Les premiers mots d’Anaïs, aujourd’hui âgée de 22 mois, alternent d’une langue à l’autre. « Certains sortent plutôt en espagnol, comme agua, d’autres en français, comme c’est bonou encore. Il y a des expressions qui sortent plus naturellement dans une langue que l’autre », analyse Nancy. Chez eux, ça parle plutôt espagnol. Nancy a lu que l’enfant doit être exposé à au moins 40 % de sa langue minoritaire (celle du pays où il ne vit pas). Comme Anaïs va dans une garderie où l’on parle français, ses parents tentent de compenser à la maison.

En l’inscrivant à la garderie, sa mère prévient les éducatrices qu’Anaïs dit par exemple agua quand elle veut de l’eau, et elle encourage les hispanophones à lui parler en espagnol. « Les éducatrices ont une curiosité envers Anaïs. Les hispanophones essaient de lui parler en espagnol, de lui chanter des chansons… Mais on est au Québec, alors elles ont une petite gêne à ne pas parler en français aux enfants. »

Les parents ne sont pas inquiets quant à l’apprentissage linguistique d’Anaïs : « On le voit tout de suite, la compréhension est la même que celle des autres enfants ! »En outre, ils mettent un point d’honneur à l’exposer à l’espagnol en lui achetant des livres et des jeux et en lui montrant des dessins animés dans la langue. Le couple a aussi beaucoup de personnes hispanophones dans son entourage.

Et l’avenir ? Quand Anaïs sera en âge d’apprendre à lire, Lisandro compte lui rapporter du Mexique des livres pédagogiques pour lui enseigner l’écriture en espagnol. Nancy évoque aussi un collège international de Montréal où les cours sont donnés dans cette langue. « C’est une option, nuance-t-elle. On ne veut pas la forcer pour autant, ou la stresser avec ça. »

Valoriser les cultures

Luc est un peu plus inquiet au début pour l’apprentissage du mandarin par Hannah. « J’ai toujours beaucoup insisté pour que notre fille puisse communiquer avec ses grands-parents maternels. J’avais été témoin de situations où ce n’était pas le cas dans d’autres familles, et c’était bien triste à voir… » Mais Hannah a une demi-sœur née en Chine, qui communique en mandarin avec leur mère. « Grâce à ça, je me disais qu’elle aurait au moins une base. »

Son conseil aux parents en couples mixtes :« Il est très important pour l’équilibre des enfants et l’acceptation qu’ils auront d’eux-mêmes de valoriser les cultures dont ils sont issus, et donc de connaître les langues. On doit présenter ça avec équilibre et de manière naturelle, sans dénigrer ou surestimer l’une plutôt que l’autre des cultures. » Hannah est aujourd’hui âgée de 12 ans, et elle est complètement bilingue. Elle a une certaine fierté de parler plusieurs langues — le mandarin en particulier. « Je crois d’ailleurs que ça lui a valu une certaine popularité à l’école, confie son père. Ça l’a aidée à avoir une meilleure estime d’elle-même. »

Auteur : Marie Pâris

Diplômée de l’École de Journalisme de Lille de l’Université Laval, Marie se spécialise dans la culture et la gastronomie, depuis Montréal où elle est installée depuis 2013. En plus d’écrire sur des sujets transatlantiques pour Immigrant Québec, elle est chef de rubrique au magazine Voir, et exerce entre deux entrevues sa passion du théâtre.

Autres conseils d'experts

Un long parcours d'immigration aura mené Pascal à Charlevoix, où il produit un vin de tomate unique en son genre.

Publié le : 13 août 2019

Au Québec, on ne plaisante pas avec le sport – y compris au travail. Beaucoup de salariés pratiquent le sport au sein de leur entreprise, voire pour son compte – en particulier le soccer.

Publié le : 06 septembre 2019