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Publié le 06 août 2019

Embaucher un professionnel étranger : la réalité de l’employeur

Pour mieux comprendre quelles peuvent être les réticences de certains employeurs à embaucher un professionnel étranger, nous avons discuté avec Jonathan De Moscovaki, recruteur TI en agence de placement et rédacteur pour L’œil du recruteur, un blogue dédié à l’information, le conseil et l’accompagnement des personnes en recherche d’emploi.

Le fait d’être étranger peut-il poser problème pour trouver un emploi au Québec ? 

Parfois, un candidat étranger peut avoir le profil idéal, mais certains recruteurs vont voir qu’il est étranger et ne même pas lire sa candidature. Et ce, même si le candidat est sur place et que sa candidature n’implique pas de faire des entretiens à distance. Les recruteurs n’assument pas toujours cette posture-là, mais c’est une réalité.

Pourquoi une entreprise peut-elle rechigner à embaucher un étranger ? 

En général, c’est une question de« fit »culturel. Les recruteurs craignent que le candidat n’ait pas la « culture québécoise » d’entreprise et que ça ne fonctionne pas avec l’équipe. C’est surtout le cas des petites compagnies francophones de type PME.

Y a-t-il parfois un problème de méconnaissance du niveau réel de la personne ? 

Effectivement, parfois le recruteur ne sait pas trop à qui il a à faire. Il ne va pas reconnaître le nom des entreprises sur le CV, et ne va pas forcément se donner la peine de les appeler pour en savoir plus. C’est la raison pour laquelle on voit de plus en plus de gens mettre entre parenthèses l’équivalent québécois de telle ou telle compagnie sur leur CV. 

D’ailleurs, je conseillerais vraiment à tout le monde de faire la même chose pour les diplômes. Si vous avez l’équivalent d’un bac ou d’une maîtrise québécoise, il faut l’expliciter. C’est aussi une manière de voir que la personne a fait ses recherches. C’est une preuve de sérieux.

Il faut bien comprendre que souvent, il y a plus de candidats qui appliquent de l’étranger que de candidats locaux. Donc pour se démarquer, c’est bien d’adopter ce genre de réflexes. De même, ça vaut la peine d’appeler directement les responsables du recrutement de la compagnie pour créer de l’action, montrer qu’on est présent. 

Pour se faire embaucher au Québec, vaut-il mieux être sur place ? 

À moins que ce soit un poste super spécialisé, auquel cas il est possible de se faire recruter à l’étranger, il vaut toujours mieux chercher un emploi sur place, idéalement avec un permis de travail ouvert ou, mieux encore, une résidence permanente. 

Peut-il arriver que des employeurs refusent d’embaucher le titulaire d’un permis de travail temporaire, pour ce motif ? 

Honnêtement, c’est un cas vraiment rare. Il peut arriver qu’une compagnie ne veuille pas miser sur quelqu’un qui va ou a des chances de repartir. Mais en ce moment, on est en telle période de pénurie de main-d’œuvre que, généralement, les employeurs sont ouverts, surtout dans le secteur des technologies. 

Identifiez-vous d’autres freins au recrutement de personnes étrangères ? 

La communication peut être un frein. Si on a de la difficulté à comprendre un candidat, c’est sûr que ça complique les choses. Ça peut engendrer des entrevues très courtes. Donc je conseille vraiment au candidat de bien pratiquer le français ou l’anglais avant, pour fluidifier l’entrevue. 

Autre chose, il faut avoir une expérience pertinente, c’est-à-dire avoir travaillé sur un poste similaire pendant quelques années. Ça peut paraître logique, mais il arrive que des nouveaux arrivants, impatients de trouver un emploi, présentent leur candidature sur une dizaine de postes dans la même entreprise. Et ce n’est pas une bonne stratégie.

Article extrait de notre webmagazine "Trouver du travail au Québec", disponible gratuitement au téléchargement.

Auteur : Camille Teste

Diplômée de Sciences Po Paris, Camille travaille comme journaliste depuis quatre ans, en presse écrite et à la télévision. Passionnée par les voyages et par l'actualité internationale, Camille a travaillé au Liban, au Royaume Uni, en France et au Maroc avant de s'installer à Montréal.

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