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Publié le 11 avril 2018

Relations amicales : pourquoi ça coince ?

amitié au quebec

Nombreux sont les immigrants qui connaissent des difficultés à se faire des amis québécois. De toutes les questions liées à l'immigration, celle de l'intégration sociale est sans doute l'une des plus sensibles, car elle l'une des plus imprévisibles avant son arrivée. Elle exige de la part des immigrants de surmonter leurs différences culturelles, d'acquérir de nouveaux codes mais aussi, dans une certaine mesure, de réduire leurs attentes vis-à-vis d'eux-mêmes et des autres.

Hassiba Idir dirige AMINATE, un organisme de Terrebonne visant à faciliter l'intégration des nouveaux arrivants. « Dans plusieurs cultures, le voisin fait presque partie de la famille, on peut aller toquer à sa porte quand on veut », explique cette Algérienne arrivée au Québec en 2006. « Ici, c’est différent. C’est un choc pour beaucoup d’immigrants. Certains s’imaginent qu’ils vont facilement devenir amis avec le boulanger. »

Un décalage qu’a également ressenti Régine Coicou, une Haïtienne établie au Québec depuis 2005 et devenue coach en amour. « Dans mon pays, quand je voulais organiser une fête rassemblant mes amis intimes, j’invitais au moins 20 à 25 personnes, se souvient-elle. Une fois ici, les gens étaient chaleureux au travail mais personne ne proposait que l’on se retrouve en fin de semaine. »

Collègues amicaux mais peu enclins à approfondir la relation en-dehors du cadre professionnel, invitations à souper qui ne sont pas retournées, apéros boudés… Les immigrants ont souvent l'impression de heurter un mur et certains se sentent même rejetés. Pourtant, comme le dit Nathalie Rochefort, fondatrice de la coopérative de solidarité DeGama, qui s’adresse aux immigrants, les nouveaux arrivants auraient tort de prendre ces refus personnellement. « C’est loin de signifier que l’on n’apprécie pas la personne. Prendre l’apéritif n’est simplement pas dans notre nature », dit cette Québécoise pure laine. « Je suis hyper sociable. Pourtant, je ne reçois des amis à souper que deux fois par an et, encore ce sont des amis très proches ! »

Une vision différente de l’amitié

Ses travaux sur le rôle des relations sociales dans l’adaptation culturelle des immigrants, amènent Marina M. Doucerain, professeure adjointe au département de psychologie de l’UQAM, à fréquemment constater ce sentiment d’incompréhension et de déception chez les immigrants qui prennent part à ses recherches. « C’est surprenant de voir le faible nombre d’amis québécois que les participants déclarent avoir », observe-t-elle. « Souvent, leurs amis proches sont surtout des compatriotes ou des personnes elles-aussi immigrantes. Les Québécois se situent davantage à la périphérie de leur cercle amical. » 

Selon la spécialiste, ces difficultés s’expliquent entre autres par des conceptions différentes de l’amitié. « Pour les Européens, être ami avec quelqu’un implique un lien d’intimité avec lui, c’est important de pouvoir se confier à l’autre, détaille-t-elle. Alors qu’en Amérique du Nord, un ami est plutôt une personne avec qui l’on va pratiquer des activités ou sortir dans un lieu autre que la maison, comme un café ou un bar. » Autre distinction : les amis tendent à constituer un groupe moins large chez les Européens que chez les Nord-Américains.

Si ces derniers vont se montrer très amicaux avec les inconnus, ce n’est pas par superficialité ou par hypocrisie comme cela leur est parfois reproché. « Ici, la norme culturelle en vigueur suppose de faire preuve d’une ouverture initiale à tout le monde et d’être de bonne humeur », ajoute Marina M. Doucerain. « La frontière entre mon petit groupe et les autres est moins forte qu’en Europe, où les gens se disent qu’ils ne veulent pas faire entrer n’importe qui dans leur cercle. » Une moindre confiance aux inconnus qui serait le résultat d’une histoire européenne davantage marquée par des régimes politiques non démocratiques et par la guerre.

Quand les Québécois aussi mettent du temps à se faire des amis

Viennent également s’ajouter d’autres raisons plus spécifiques au contexte culturel québécois. « Longtemps, les Québécois francophones ont eu peur de voir leur identité et leur langue menacées par les anglophones », analyse-t-elle. « C’est en train de changer mais un esprit de résistance et de repli perdure. »

Un constat que confirme Nathalie Rochefort, qui cite le livre Le Survenant comme référence. Cet ouvrage, écrit par Germaine Guèvremont en 1945 et adapté au cinéma en 2005, relate l’histoire d’un Canadien-français qui s’installe dans un hameau de la campagne montérégienne, où personne ne le connaît. Accueilli avec méfiance par les villageois, son intégration est difficile. « Au Québec, on est toujours l’étranger de quelqu’un », affirme-t-elle. « Même pour les Québécois qui déménagent dans un nouvel endroit, se faire des amis est long car les gens ont déjà leurs réseaux. »

Des codes à maîtriser

Autre concept à connaître pour bien s’intégrer socialement au Québec : la bulle. La province accordant une grande importance à la liberté individuelle, s’abstenir de respecter la bulle des autres est mal perçu. « Par exemple, on parle peu de nos vies personnelles au bureau », indique Nathalie Rochefort. Cependant, cette bulle est loin de constituer une barrière infranchissable : « une fois que l’on a pénétré la bulle et que l’on est accepté, le Québécois va faire beaucoup pour toi. »

Lorsque Hassiba Idir a emménagé à Terrebonne avec son mari et sa fille, elle a senti une certaine appréhension chez sa voisine, sans doute peu habituée à côtoyer des musulmans. « Pourtant, un jour, elle est venue me voir et m’a dit : “je vous embarque dans mon auto”. Elle m’a fait découvrir toute la ville, se rappelle-t-elle. Aujourd’hui, cette femme est plus qu’une amie pour moi, c’est une sœur. »

Adopter une attitude positive, souriante, modeste et ouverte l’a grandement aidée à se rapprocher des Québécois. « Je connais une Algérienne qui, dès qu’elle a commencé son nouvel emploi, a décidé de dire bonjour à tout le monde même si on ne lui répondait pas toujours, raconte-t-elle. Aujourd’hui, tout le monde la salue et ses patrons l’adorent ! » Elle recommande également d’observer, de poser des questions aux autres pour chercher à les comprendre et de faire le deuil de certaines façons de faire propres à son pays d’origine.

Attention aussi à modérer ses attentes : se faire des amis prend du temps. « Il faut bien compter une bonne année, voire plus, pour s’intégrer », estime Nathalie Rochefort. Se remettre en question peut aussi contribuer à débloquer certaines situations. « C’est lorsque j’ai compris que je pouvais avoir différents types d’amis, et vivre des amitiés plus ou moins profondes, que j’ai arrêté de me questionner et que je suis devenue plus ouverte, révèle Régine Coicou. Aujourd’hui, j’ai plusieurs très bonnes amies québécoises. »

Les amitiés intraculturelles comme tremplin

Face aux difficultés à se faire des amis, certains se replient sur leur communauté d'origine. Si compter des amis québécois facilite l’intégration, le réseautage et la recherche d’emploi, avoir des amis de son pays d’origine permet de briser la solitude fréquemment rapportée par les nouveaux arrivants lors de leurs premières années au Québec. « Créer des liens avec des personnes de sa culture apporte un sentiment de sécurité aux immigrants et leur donne l’impression de se sentir soutenu », considère Marina M. Doucerain. « En se refusant la possibilité de partager leur expérience avec des compatriotes, ils se coupent des ressources. Car, se sentir isolé est douloureux. » Sociabiliser étant un besoin pour l’être humain, il vaut mieux fréquenter des compatriotes que de n’avoir aucun ami !

Au fil du temps, il s’agit de trouver un équilibre entre amitiés au sein de sa culture et relations nouées à l’extérieur. Car compter des amis québécois facilite l’intégration, le réseautage, la recherche d’emploi et l’apprentissage du français pour les non-francophones. « L’idée est d’éviter de rester coincé à l’étape des amitiés au sein de son propre groupe culturel en servant du bien-être éprouvé grâce à elles pour déployer l’énergie et les ressources internes nécessaires à l’intégration », explique-t-elle.

Les immigrants venus d’autres pays constituent également un réservoir de « potentiels amis » à ne pas négliger car ils comprennent les défis de l’immigration. « Parfois, des nouveaux arrivants vénézuéliens vont partager plus d’affinités avec des immigrants chinois qu’avec des Québécois », constate Marina M. Doucerain.

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Auteur : Immigrant Québec

Immigrant Québec informe toutes les personnes désireuses de s’installer au Québec sur l'immigration et la vie dans la Belle Province.

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Publié le : 17 janvier 2019

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Même si les universités québécoises demeurent très compétitives par rapport à l’offre nord-américaine, elles n’en demeurent pas moins coûteuses. Mais si les frais de scolarité peuvent s’avérer élevés pour les étudiants étrangers, un certain nombre de mesures et d’initiatives d’aide au financement existent pour que ces derniers ne soient pas un frein à l’éducation et à la mobilité internationale des étudiants.

 Avantages financiers 

Au Québec, tous les étudiants paient des droits de scolarité, dont le montant est fixé par le gouvernement provincial. Les sommes sont bien évidemment différentes selon le statut de l’étudiant, son pays d’origine, ainsi que le niveau d’études envisagé. Étudiant du Québec et étudiant canadien non-résident du Québec, réfugié, étudiant étranger titulaire d’un permis d’études, résident permanent, premier, second et troisième cycle : à chaque cas de figue, les frais de scolarité sont susceptibles de varier sensiblement. Certains pays ont signé avec le Québec des accords bilatéraux de mobilité universitaire, qui prévoient aménagements de frais de scolarité à destination des étudiants. En plus des accords bilatéraux, certains étudiants étrangers peuvent être exemptés de droits de scolarité supplémentaires en fonction de l’excellence de leur dossier académique par exemple. D’autres bénéficient de programmes de bourses privées, voire de bourses et de prêts gouvernementaux.

Des ressources variées

Isabelle Dalceggio, coordinatrice ressources socio-économiques à l'Université de Montréal, conseille vivement de s’informer sur les aides financières offertes aux jeunes venus étudier dans les programmes pédagogiques québécois : « Quelle que soit votre situation, vous pouvez en savoir plus en vous rendant dans les bureaux des étudiants internationaux situés sur votre campus. Il y a là des conseillers qui peuvent vous orienter». En effet, il serait dommage passer à côté d’une aide dont vous pourriez bénéficier, faute d’avoir reçu les bonnes informations. Isabelle Dalceggio rajoute qu’outre ces aides régulières, il y a aussi des volets d’offres d’urgence de type bons alimentaires ou de transport, voire des paniers de Noël : « Nous avons aussi des ententes en externe, avec les centres communautaires ou ceux liés au logement. On guide nos étudiants dans les domaines nécessaires et il arrive fréquemment que notre référencement sorte du cadre des études ».

Programme de prêts et bourses du gouvernement

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec offre un programme qui accorde des aides financières jumelant prêts et bourses, calculées en fonction de votre situation financière. On parle de programme à caractère contributif car vous en êtes responsable. Marcus Vinicius, résident permanent en maîtrise de démographie à l'Univeristé de Montréal a expérimenté ce volet. Arrivé en 2015 du Brésil et bien qu’il ait préparé son immigration en mettant de l’argent de côté, il a eu besoin d’étoffer ses revenus : « Je me suis renseigné auprès du bureau pour ce type de demande. Ils m’ont conseillé de déposer un dossier dans le cadre du programme prêts et bourses du gouvernement, ce que j’ai fait. Il faut savoir que j’ai une partie en bourse et l’autre en prêt, dont l’avantage est le taux d’intérêt extrêmement bas. Je dois commencer à rembourser le prêt six mois après la fin de mes études ». Si vous avez un emploi rémunéré, le montant de la bourse diminue proportionnellement : « Mais avoir un emploi peut finalement s’avérer être doublement payant : j’ai ainsi travaillé en collaboration avec des professeurs sur des sujets directement connectés à mon sujet de recherche, ce qui s’est avéré être un réel atout dans mes recherches autant qu’en matière d’expérience professionnelle ».

Les bourses philanthropiques 

Si vous n’avez pas pu adhérer au programme gouvernemental de prêts et bourses, ne baissez pas les bras pour autant. Il y a des centaines d’autres moyens de vous faire aider financièrement. Isabelle Dalceggio évoque la planification budgétaire pour une meilleure gestion optimale de vos ressources, avec l’aide de conseillers dédiés. Enfin, votre université propose certainement un répertoire des bourses, alimenté par des donateurs privés tels que des entreprises. Les critères fort éclectiques d’obtention vont du domaine d’études à la nationalité en passant par le programme suivi. Alors qu’attendez-vous pour soumettre votre candidature ?

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Étudiant à l’Université de Montréal ? Vous vous posez des questions sur le financement de vos études ? L’Université de Montréal vous permet d’avoir accès à un large panel d’aides financières. Informez-vous.

La date limite d'admission dans plusieurs programmes d'études est le 1er février. Faites vite si vous souhaitez débuter votre programme d'études en septembre !

Publié le : 31 janvier 2019