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Publié le 10 juillet 2019

Visages du Québec : Martin, la citoyenneté au bout du chemin

Martin est à la veille de devenir citoyen canadien, un événement majeur dans sa vie. L’Égyptien de 38 ans troquera bientôt son image d’immigrant pour celle de « vrai Canadien ». 

Il n’y croyait plus. En juin 2015, Martin pose enfin ses valises au Canada, avec un visa de résident permanent. Il lui a fallu attendre neuf longues années depuis le dépôt de sa demande, en 2006. Pourquoi si long ? Il s’est souvent interrogé — sans trop y penser, non plus. Désormais, pour cet éternel optimiste au regard franc et rieur, la seule chose qui compte est de s’intégrer dans cette nouvelle société.

Né au Caire, en Égypte, Martin a grandi et étudié dans une école multiculturelle d’Abou Dabi, dans les Émirats arabes unis. C’est un « nomade », comme il se définit lui-même, doté de cheveux « indomptables » et d’une volonté tenace.

L’esprit international, c’est de famille. « Mon frère et mes sœurs sont aussi dispersés à travers le monde ». Le Canada, il en rêvait pour sa qualité de vie, sa tranquillité d’esprit, la nature…

Quand Martin atterrit à Toronto, il a 34 ans, des diplômes en pagaille et le goût du défi. « Arriver à Toronto, c’était la solution la plus facile pour moi, parce que je parle anglais couramment et que je travaillais, à l’époque, dans le secteur financier. Sur place par contre je n’avais ni famille ni amis. Il m’a fallu recommencer de zéro ». 4 ans plus tard, il choisit finalement de changer de province pour s’enraciner au Québec. Depuis janvier 2019, le voilà devenu Montréalais. L’apprentissage du français est un nouveau défi, le regard qu’on porte sur lui aussi. Mais Martin entend y arriver, coûte que coûte.

Être immigrant dans le regard des gens

« À Montréal, tu peux être dans un endroit où tu es le seul immigré, ce qui est impossible à Toronto, qui est une ville de minorités », souligne Martin. « J’ai vécu une mauvaise expérience teintée de racisme à Montréal. Depuis, je m’interroge, comment ça va se passer avec des Québécois “pure laine” qui n’interagissent pas fréquemment avec les nouveaux arrivants ».

Jusqu’à présent, tous les Québécois rencontrés par Martin sont des bénévoles ou travailleurs dans des organismes liés au milieu migratoire,comme celles du Centre Pauline-Julien où il étudie intensément le français ou encore Monique, bénévole au Celo, le centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges. « Des gens qui dégagent tellement de bienveillance ! ».En 4 ans, Martin a subi quelques remarques déplacées, notamment cette question de savoir comment il pouvait être « si cultivé ». Des petites phrases qui peuvent laisser des traces, sans pour autant remettre en cause sa vision d’un Québec chaleureux et accueillant, notamment dans son maillage associatif.

Assimiler les différences avant d’être assimilé

Québécois ou Canadien, comment se définir quand on attend de devenir un citoyen de ce pays et qu’on vit au Québec ? « Je ne fais pas de différence entre les deux, mais je sens bien que mes nouveaux amis en font une et s’identifient comme des Québécois. Dans quelques années, peut-être me faudra-t-il choisir, moi aussi. Mais aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose qui me perturbe ». Pour l’instant, Martin continue d’assimiler tous les codes, à commencer par les différences.

« À Dubaï, embaucher quelqu’un prend deux semaines. Ici, un entretien passé en novembre peut se conclure par une embauche effective 6 mois plus tard. J’ai attendu 3 mois et demi, simplement pour pouvoir étudier en cours de francisation ! Que faire pendant ce temps qui s’étire ? », questionne Martin dans un sourire. Apprendre la patience… Trouver son premier emploi lui a demandé près d’un an et une certaine dose d’humilité. « À Dubaï je dirigeais une grande région dans le secteur bancaire, à Toronto j’étais juste un petit gestionnaire. C’est avant tout l’expérience canadienne qui compte, j’ai appris à abaisser le plancher de mon ambition », confie-t-il.

Martin a aussi dû relever le défi de l’hiver, en quittant son climat désertique. « La sensation de ces mois sans pause, d’un hiver qui ne va jamais se terminer, est terrible. » Par le manque de soleil, de chaleur, d’extérieur, les repères sont désorientés. « C’est bête, mais j’ai passé un stade quand j’ai réussi à accepter de vivre avec l’hiver. »

Demain, un citoyen comme les autres

Avec les conditions climatiques, l’éloignement des proches fait souvent partie des principales difficultés auxquelles les immigrants font face au Québec. Martin voit les choses différemment. « Je ne regarde pas en arrière, je suis comme ça. La seule chose que j’ai plaisir à retrouver de ma culture d’origine c’est du thym Zaatar et des douceurs sucrées dans une boulangerie de Côte-des-Neiges. » Pour voir la famille, la magie des réseaux sociaux opère. Et pour les amis, il a sa botte secrète, un incontournable qu’il pratique depuis 17 ans : la salsa. Parlez-lui de salsa et son visage s’illumine. La danse latine est beaucoup plus qu’un simple hobby : elle est devenue le cœur de son réseau montréalais. « Trouver un club de salsa, c’est le meilleur moyen de rencontrer des amis ».

À Montréal, depuis son quartier de Namur, Martin se prépare à l’examen de citoyenneté, un processus qu’il juge particulièrement important. « C’est comme une préparation finale avant un grand bouleversement ! ». La cérémonie lors de laquelle il prêtera le serment de citoyenneté, il la voit comme le dernier symbole d’une intégration pleinement réussie. « Un événement majeur à venir dans ma vie. Je suis tellement reconnaissant que cette possibilité existe, pour prouver à moi-même et aux autres que j’appartiens désormais à ce pays et que c’est ici, ma maison. » Une maison dans laquelle le futur Canadien se voit bien fonder une famille. Au Québec, au bout du chemin.

Crédit photo : Armelle Pieroni-Christin

Auteur : Armelle Pieroni-Christin

Après avoir travaillé 10 ans comme journaliste plurimédia pour la Ville de Paris, l'amour du Québec a eu raison de cette rédactrice-jurée littéraire, installée en famille à Montréal depuis août 2018. Ses passions ? La littérature, bien sûr, les voyages, les rencontres et tout ce qui a trait à la Belle Province, naturellement !

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