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Publié le 20 juin 2011

Apprendre à parler de ses expériences et de ses compétences

Prénom : Céline Chevallier Pays d'origine : France

« Ce qui compte davantage ici c’est d’apprendre à parler de ses expériences et de ses compétences. »

D’origine Française, Céline Chevallier est en charge du pôle Emploi-Formation du Consulat Général de France à Montréal ainsi qu’à l’Agence Montréalaise Pour l’Emploi.

Qu’est-ce qui vous a fait venir au Québec ?

J’adore voyager. Un de mes objectifs est de pouvoir parcourir le monde tout en travaillant pour subvenir à mes besoins. Je ne voulais pas râter cette opportunité professionnelle même si elle n’est que temporaire.

De votre pays d’origine, qu’est-ce qui vous manque le plus, ici, au Québec ?

Tellement de choses que je ne sais par quoi commencer. Principalement, les plaisirs de la gastronomie française à prix raisonnables ainsi que la beauté de ma ville d’adoption, Paris ! Par ailleurs, la distance géographique est longue et le décalage horaire ne facilite pas le contact avec la famille, les amis.

Parlez-nous de votre activité dans la province.

J’ai deux casquettes professionnelles. Je suis conseillère Emploi Formation et travaille la moitié de mon temps au Consulat de France et l’autre moitié à l’Agence Montréalaise pour l’Emploi (AMPE).

Mes activités au Consulat :
– Conseils sur l’immigration au Québec : informer les candidats à l’immigration sur les différents visas, les différents interlocuteurs, la réalité du marché du travail, les difficultés à anticiper, etc.
– Aide à la réinsertion en France : informer les ressortissants français sur les démarches à entreprendre pour retourner en France ; informer, accompagner et gérer les français effectuant une demande de formation professionnalisante dans le cadre de leur retour en France.

Mes activités à l’AMPE :
– Conseils sur la recherche d’emploi à Montréal : accompagner les chercheurs d’emploi dans leurs démarches (aide à la rédaction du CV, préparation individuelle ou de groupe aux différentes techniques de recherche d’emploi, simulations d’entretien de recrutement filmées, etc.).
– Démarcher les employeurs susceptibles de rechercher des candidats, s’informer sur l’évolution du marché du travail, etc.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner à un immigrant français en recherche d’emploi au Québec ?

On le répète souvent mais un Français a tendance à se reposer sur son diplôme, comme si ce dernier était l’unique porte d’entrée vers un emploi. Ce qui compte davantage ici c’est d’apprendre à parler de ses expériences et de ses compétences. Les immigrants devraient vraiment êtres plus dynamiques dans leur recherche d’emploi.
Par ailleurs, ils manquent réellement de mobilité. Ils disent qu’ils viennent ici pour tenter l’aventure mais une fois à Montréal, ils ne bougent plus. Pourquoi ne pas s’expatrier quelques mois en région, histoire de découvrir le pays tout en acquérant une expérience nord-américaine. Les employeurs y sont en réel demande de main d’œuvre et plus souvent enclins à donner une chance.

Est-ce que vous considérez un emploi stable comme un facteur d’intégration ?

Bien sûr, cela aide car la stabilité de l’emploi permet d’investir l’énergie fournie pour la recherche d’emploi à d’autres niveaux : s’investir dans une association, se faire des amis, visiter…. Ces autres activités sont aussi des facteurs d’intégration et de satisfaction d’immigration dans un pays.
En même temps, la notion de stabilité reste paradoxalement précaire au Québec. Qui peut dire qu’il a un emploi stable ici ?  De nombreux témoignages de personnes aux origines et  qualifications diverses me font dire que quelqu’un peut perdre son emploi du jour au lendemain, sans préavis ni raison valable. Cette situation est cause d’un véritable stress dans les entreprises. En disant cela, je ne cherche pas à brosser un tableau noir de la situation professionnelle au Québec mais à porter une regard réaliste sur les conditions de travail  nord-américaines. A partir du moment où on est informé, c’est plus facile à digérer.

On parle souvent de la première expérience d’emploi au Québec comme déterminante pour l’avenir du nouvel arrivant. Qu’en pensez-vous ?

Les employeurs québécois en ont fait une quasi obligation avant l’entrée dans un vrai poste, ou poste durable, ou poste relié à ses qualifications. Les organismes d’emplois ont conscience  de l’importance de cette fameuse première expérience. Ils encouragent donc les candidats à faire du bénévolat ou accepter un emploi alimentaire pour contrer l’argument des employeurs : « Mais vous n’avez pas d’expérience québécoise ! ». L’idée étant de prouver à un employeur potentiel qu’un premier employeur québécois vous a fait confiance.

Par défaut, cette première expérience devient déterminante et facilite l’accès ensuite à d’autres emplois davantage reliés aux qualifications d’origine du candidat. La première expérience professionnelle quelle qu’elle soit permet de s’insérer plus rapidement et de ne pas laisser les semaines ou les mois défiler et laisser un trou dans le CV.

La faille de ce système (accepter un premier emploi quel qu’il soit) est de rentrer dans un système et de le subir. Je m’explique. Un premier emploi dans une usine ou chez Subway, avec des horaires décalés et un salaire horaire minimum ne peut qu’être temporaire. Malgré la fatigue et la routine, il faut persévérer, s’obliger à continuer à chercher un emploi en lien avec ses compétences réelles  et ne pas oublier pourquoi on a décidé d’immigrer au Québec.

De toutes façons, le premier SAS de l’intégration, c’est l’emploi. De lui dépend tout le reste.

Selon vous, quels sont les premiers gestes que doit faire un nouvel arrivant au Québec, plus particulièrement un Français ?

Tout dépend de son objectif : la découverte du pays ou l’insertion sociale et professionnelle.

S’il se fixe dans une ville précise, pour l’insertion sociale :

– Choisir un appartement qui lui plaît vraiment et ainsi obtenir une adresse fixe ce qui facilite beaucoup les choses.
– S’inscrire dans les associations françaises (Objectif Québec, Union Française) ou locales telles (Club YMCA, Centre communautaire de quartiers…). Après l’euphorie liée à l’installation, il faut éviter l’isolement. L’implication dans ces structures permet d’échanger aussi bien avec des immigrants expérimentés que des québécois pure laine.

Pour ce qui est des premiers gestes favorisant l’insertion professionnelle :

– Prendre des cours d’anglais car en général, c’est le point faible des français.
– Contacter les organismes d’emploi pour s’armer d’outils efficaces à la recherche d’emploi.
– S’inscrire dans plusieurs agences de placement car elles facilitent l’obtention de la fameuse première expérience.
– Faire des entrevues d’information avec des employeurs de son secteur d’activités pour développer un réseau d’affaires incontournable pour une immigration à long terme.

Que vous inspire la phrase suivante : « nous voulons être des Québécois à part entière et non des Québécois entièrement à part » ?

Je comprends que les immigrants de longue date, quel que soient leur nationalité, résidents ou citoyens, aient envie d’être considérés comme québécois ou canadiens car ils vivent dans ce pays, participent à son développement économique et culturel. Ils doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’un québécois, pure laine.
S’ils s’immergent dans ce pays, respectent les lois, cultures et codes en tous genres du peuple québécois sans imposer les leurs, alors ce sont des vrais Québécois et non des personnes à part.

Entrevue réalisée par Michaël-Anthony Galvez en 2007.

Auteur : Immigrant Québec

Immigrant Québec informe toutes les personnes désireuses de s’installer au Québec sur l'immigration et la vie dans la Belle Province.

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