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Publié le 13 novembre 2017

Immigrer pour mieux se trouver

Prénom : Felipe Arrivée en : 2014 Pays d'origine : Colombie Statut à l'arrivée : Résident permanent

En Colombie, j’avais du mal à assumer mon homosexualité. Même si le mariage entre personnes du même sexe y est désormais légal, je sentais que j’avais besoin de changer de pays pour mieux m’accepter. À l’étranger, je me disais que ce serait plus facile. Ne connaissant personne au Québec, je me suis senti plus libre par rapport au regard des autres.

Comme j’allais environ deux fois par an aux États-Unis pour rendre visite à ma tante, j’ai songé à partir m’installer là-bas. Mais, même pour les gens qui ont étudié sur place, c’est difficile d’avoir un visa de travail aux États-Unis. C’est en assistant à une présentation donnée par le gouvernement québécois à Medellin que j’ai découvert le programme des travailleurs qualifiés. Comme j’avais suffisamment de points, j’ai envoyé ma demande. Et au bout de trois ans de démarches, j’ai décroché ma résidence permanente.

Étant donné que j’avais une amie colombienne à Québec, j’ai décidé de déménager là-bas. Je me disais que, si apprendre le français s’avérait trop dur, j’irais en Ontario.

Contrôleur de gestion en Colombie, j’ai commencé par faire du ménage pendant deux semaines dans un hôtel avant d’aller travailler dans un entrepôt de Walmart.

En parallèle, j’ai commencé à prendre des cours de français dans une école de langues et à chercher un appartement avec mon amie car le sien était trop petit pour deux personnes.

Le jour de notre emménagement, deux mois après mon arrivée à Québec, j’ai dû me rendre à l’hôpital. Malgré le fait que les examens de santé passés dans le cadre du processus d’immigration au Canada étaient bons, j’étais gravement malade. Je suis resté hospitalisé pendant cinq mois.

J’arrivais à communiquer en anglais avec les médecins mais le reste du personnel et les autres patients étaient surtout francophones. Mon français s’est amélioré à force de tenter de parler avec eux et surtout avec une dame qui a passé deux mois à l’hôpital. D’ailleurs, c’est devenu une amie. J’ai aussi pu progresser grâce aux livres de français apportés par les personnes de la communauté colombienne qui venaient me rendre visite.

Heureusement que des gens étaient là pour me soutenir et pour m’aider avec les démarches de demande d’aide sociale car je n’avais plus de revenus. À ma sortie de l’hôpital, j’ai passé deux mois de convalescence. J’ai choisi de rester à Québec car partir en Ontario aurait compliqué mon suivi médical.

Une fois rétabli, j’ai repris les cours de français et j’ai commencé une formation aux Cégep en vue d’obtenir une Attestation d’études collégiales (AEC) en comptabilité. J’ai effectué mon stage de fin d’études dans une coopérative de santé, pour laquelle je travaille toujours en tant que technicien comptable.

Aujourd’hui, je n’ai plus de problèmes à dire que je suis gay. Je l’ai même publiquement affiché sur mon profil Facebook. L’an dernier, je suis retourné en Colombie où désormais l’ensemble de mes proches était au courant de mon homosexualité. Et, je me suis senti accepté par tout le monde !

Ce témoignage est publié en collaboration avec Québec International. Retrouvez toutes les informations et les opportunités professionnelles à Québec et ses environs sur quebecentete.com.

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Auteur : Fanny Bourel


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