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Publié le 11 avril 2017

« Mais t’as pas l’air »

Prénom : Talia Arrivée en : 1990 Pays d'origine : Égypte Statut à l'arrivée : Résident permanent

Le 11 septembre 2001, tandis que Talia suit son cours d’art dramatique, des extrémistes commettent les attentats les plus meurtriers que les États-Unis aient connus. Son cellulaire sonne. Sa mère, inquiète, lui demande de rentrer. Et ajoute « Ne dis pas que tu t’appelles Hallmona, hein, dis un nom québécois ». C’est la première fois qu’elle lui demande de mentir sur ses origines. L’anecdote servira à Talia pour coécrire sa pièce L’Autre et Moi avec Pascal Brullemans (récipiendaire du prix Louise Lahaye en 2015).


Talia est née loin du Québec, en Égypte, à Alexandrie. Ses parents ont émigré à Laval alors qu’elle était âgée de 8 ans. Ils avaient à cœur de s’intégrer et c’est pour ça qu’ils l’ont envoyée dans une école francophone. « À mon époque, dans les années 90, on était seulement quatre élèves à venir d’ailleurs ». Est-ce qu’elle s’est sentie pointer du doigt ? « Pas du tout, en six mois, je parlais le québécois. Mes amis étaient tous des Québécois ou des enfants d’immigrants parlant le québécois ».

Le questionnement sur son identité est venu beaucoup plus tard, alors qu’elle étudiait au baccalauréat en théâtre, à l’UQAM. « Je m’appelle Talia Hallmona hein, pas Catherine Tremblay. Alors tout de suite, ça vient avec des questions ». Mais c’est surtout ce qu’elle va entendre en réponse qui n’aura de cesse de l’interroger. « Tout le monde me disait : mais t’as pas l’air. T’as pas l’air de venir d’ailleurs ».

« Quand tu es en mou dans ton salon, tu ne te poses pas la question de savoir qui tu es. Mais dès que tu rencontres l’Autre, que ce soit ta mère, ton père, tes amis, des inconnus, alors forcément, à ce moment-là, ton identité se définit. » Et de conclure « Pour moi l’identité, c’est une question, un point de départ. Jamais une réponse. C’est toujours en mouvement ».

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Auteur : Éléonore Genholac

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