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Publié le 16 août 2015

Recommencer à zéro à 45 ans, un vrai défi

Prénom : Othon Arrivée en : 2004 Pays d'origine : Mexique Statut à l'arrivée : Permis de travail fermé / jeunes pros

En 2004, nous avons décidé avec ma femme et mes deux filles de venir nous installer au Québec. Au Mexique, j'étais professeur depuis l'âge de 19 ans et j'avais poursuivi ma carrière dans le secteur du marketing et de la communication. Avant notre départ, j'étais directeur général d'une entreprise de pétrochimie. Je m'étais peu renseigné sur le marché du travail à Montréal. J'étais plongé dans mon quotidien au Mexique et je m'imaginais que j'allais retrouver une situation semblable au Québec.

Mon premier défi : le français

Je suis une personne profondément francophile et je prenais depuis de nombreuses années des cours de français au Mexique. Le premier défi que j'ai dû affronter à mon arrivée a cependant été la barrière de la langue. Je maîtrisais un français très « touristique » et je ne pouvais m'exprimer correctement dans un cadre professionnel. J'ai effectué quelques cours de francisation puis, j'ai repris mes études à HEC Montréal pour suivre un certificat en administration durant un an.

Partager mon expérience d'immigrant

J'ai toujours été une personne très active, qui aime apprendre et découvrir mille et une choses. Parallèlement à mes études, je suis devenu bénévole pour l'alphabétisation des adultes d'origine africaine et j'ai été élu au conseil d'administration du Mouvement québécois pour la formation des adultes. J'aime partager mon expérience d'immigrant et, dans ce cadre, j'ai été contacté par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour animer une conférence pour les nouveaux arrivants. 

C'est lors de cet événement que j'ai eu la chance de rencontrer une personne travaillant dans le domaine de l'édition, un secteur qui me fait rêver depuis toujours. Après une brève expérience de directeur marketing pour une entreprise de jeux-vidéos, je suis devenu chargé de cours en marketing, sociologie des entreprises et gestion, à HEC Montréal et au cégep Gérald Godin. J'enseigne ces matières en anglais, en français et en espagnol à raison de 6 cours par session. Parrallèlement à ces emplois, je termine une maîtrise en Études internationales à l'université de Montréal que je dois valider par un stage. Je suis stagiaire dans le domaine de l'édition avec des collègues très jeunes et c'est parfois difficile de se dire que je suis le stagiaire. Cela n'a pas été facile pour moi de refaire un stage à mon âge.

Accepter de recommencer à zéro

Immigrer au Québec à 45 ans a certains côtés positifs mais aussi des inconvénients. Pour moi, je voyais cela comme une réelle opportunité de refaire ma vie et d'envisager les choses sous un nouvel angle. J'avais déjà réalisé beaucoup de choses dans ma vie et je voulais prendre du recul par rapport à mes expériences passées et faire les choses différemment ici. Cependant côté professionnel, je n'ai pas trouvé facilement du travail dans le domaine que je souhaitais. Je ne pensais pas à mon âge devoir refaire des petits boulots comme serveur ou barman. Au bout d'un moment, j'ai reconnu que je ne pouvais retrouver un emploi du même niveau que celui que j'exerçais au Mexique ; cela n'a pas été facile à accepter.

Au Québec, la méritocratie est une réalité

Au Québec, j'ai découvert ce que l'on appelle la « première expérience québécoise ». C'est une chose étrange de se rendre compte que, même à 45 ans, les expériences professionnelles que tu as eues dans d'autre pays ne sont pas reconnues. Il faut savoir qu'en arrivant ici, il faut tout reconstruire et recommencer à zéro. Malgré cela, j'aime l'univers du travail québécois. Contrairement au Mexique où tes relations et ton statut social comptent beaucoup, ici c'est une société où la méritocratie est importante. N'importe qui peut avoir des opportunités et des chances de réussir. Mon stage se termine au mois de mai, je vais continuer à donner mes cours et j'ai des projets plein la tête. J'aimerais poursuivre mon expérience dans le domaine de l'édition mais je suis ouvert aux opportunités.

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