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Publié le 21 décembre 2014

Toucher à toutes les matières et développer mon esprit critique

Prénom : Marie Arrivée en : 2010 Pays d'origine : France Statut à l'arrivée : Permis temporaire ouvert / PVT

Je suis arrivée à Montréal à 18 ans, juste après mon bac, pour suivre un Bachelor “International development studies and Sociology » et un Master “Research in Sociology” à l'université McGill. J'étais très attirée par le système académique nord-américain et par la possibilité d'apprendre l'anglais tout en utilisant ma langue natale en ville. Mes parents, qui avaient fait leur lune de miel au Québec et qui ont toujours été attachés à la culture québécoise, m'ont poussée à partir.

Des cours à la carte

Pour rentrer à l'université McGill, j'avais postulé sur Internet au mois de janvier, envoyé mes relevés de notes du lycée et passé l'examen du TOEFL. Au moment de mon inscription, je savais que je voulais étudier les sciences humaines et je me suis inscrite à la faculté d'Arts. À McGill, il y a le choix pour le Bachelor entre la faculté de management, celle d'art (sciences humaines), de sciences, d'éducation ou d'ingénieur. Pour obtenir le Bachelor, l'équivalent de la licence française, il faut valider 120 crédits. 

Chaque semestre, il est possible de suivre 5 cours de 3h par semaine, plus les cours de langues, et cumuler ainsi 90 crédits. Les étudiants français ont également 30 crédits qu'ils obtiennent automatiquement avec le bac français. Ceux qui souhaitent prendre leur temps, peuvent choisir 4 cours et terminer leur Bachelor en 4 ans. La première année est souvent l'opportunité de toucher un peu à toutes les matières qui nous intéressent. J'avais la possibilité de suivre une, deux voire trois matières, pas forcément reliées entre elles. 

J'ai donc assisté à plusieurs cours au choix, appelés « electives » avant de choisir les deux majeures Sociology et International Development Studies. Chaque majeure me permettait de cumuler 36 crédits et les « electives » 18 crédits. Par le biais de ma famille, j'avais rencontré une étudiante de McGill qui m'avait expliqué ce système de crédit. Les nouveaux étudiants peuvent avoir un parrain, appelé « buddy », à la rentrée pour les aider à s'orienter.

Être en immersion totale pour apprendre la langue

J’ai dû passer le TOEFL et obtenir un score supérieur à 90/120 pour entrer à McGill. Au premier semestre je suivais un cours, «Research Essay & Rhetoric», pour apprendre les normes de la rédaction en Amérique du Nord. Il existe également beaucoup de cours dans la matière «English as a second language». Bien sûr, les deux premiers mois de cours ont été un peu durs, mais j’avais toujours quelqu’un pour me passer ses notes. Comme il y a beaucoup de lectures à faire en amont, je me suis vite familiarisée avec le vocabulaire utilisé lors des cours. Une autre solution très efficace pour améliorer son anglais est de se faire exclusivement des amis anglophones la première année pour être en immersion totale.

Une vie étudiante trépidante

La deuxième semaine de cours, j'ai assisté au forum des associations, « activities’ nights », au cours duquel tous les clubs ont un stand et recueillent les contacts des étudiants intéressés par leurs activités. Personnellement, j’ai fait partie du club de swing, de salsa et d’une chorale a cappella pour laquelle j’ai dû passer une petite audition. Toutes ces activités m'ont permis de me créer une routine et de m'adapter plus facilement à ma vie à Montréal. Sur le campus de McGill, j'ai adoré l'association « midnight kitchen », cantine vegan et bio qui fonctionne grâce à des dons de 50 cents ou 1 $ CAN. Il suffit d’apporter son tupperware et de faire un peu de queue, c'est vraiment convivial et très « hipster » ! J’aime aussi le campus avec tous ses coins agréables à l’extérieur comme dans les bâtiments. 

La première année, tous les étudiants vivent en résidence. Ce n'est pas une obligation, mais cela aide beaucoup à créer des liens et à se faire des amis. Cependant le loyer est très élevé, entre 800 et 1200 dollars par mois selon la résidence et si la nourriture est incluse ou non. Il n'est pas possible de rester en résidence après sa première année, je me suis donc installée en colocation avec 3 copines. La plupart des étudiants choisissent cette option, cela permet de prolonger le côté communauté de la résidence et de se concentrer sur ses études.

Développer son esprit critique

À l'université, il est demandé aux étudiants de développer leur esprit critique, cela m'a vraiment marquée. Au contraire du lycée et d'autres cursus universitaires que suivent mes amis où il faut accumuler le plus de «savoirs» possible, j’ai appris à exercer la prise de recul par rapport à ces savoirs. D’ailleurs une bonne partie de la notation reposait sur cette capacité. Ainsi, pour chaque cours magistral, je devais m’inscrire à des «conférences», durant lesquelles je débattais d'articles où de livres. 

Les professeurs demandaient souvent de faire des book reviews et de réaliser la critique des arguments de l’auteur. De plus, en master et dans les cours avancés de Bachelor, les étudiants sont à tour de rôle modérateur du débat, et doivent soulever les points incohérents dans l’argumentation d’un auteur pour l'animer. Pour les étudiants de sociologie, les professeurs nous demandent de faire beaucoup d’introspection pour comprendre comment nos stéréotypes, normes et valeurs peuvent biaiser notre point de vue.

Travailler sur le campus

J’ai dépensé entre 900 et 1100 euros par mois en frais de vie en fonction du coût de mon loyer. L'université McGill coûtait environ 4000 euros par an. Il faut également prévoir un bon budget pour les livres, 400 dollars par semestre environ si on les achète neufs au bookstore de Mcgill mais beaucoup moins chers d'occasion sur la page Internet «mcgill classifieds». Pour compléter mon budget, j'avais repris le poste d'une amie en tant que tutrice en français pour de jeunes immigrants, pour 20 $ CAN de l'heure. Lorsque je suis rentrée en master, j'ai demandé à être “teacher assistant”, c'est environ 12h par semaine en moyenne pour 4500 dollars par semestre. C'est très intéressant et en plus je n'avais pas besoin de permis de travail.

Revenir m'installer au Québec ? Pourquoi pas

À la fin de mes études, j'ai envisagé de m'installer au Québec mais j’ai trouvé un travail si parfait en France, que je me suis sentie appelée à rentrer. Je suis chargée de recherche-action pour un projet innovant d’éducation, ma formation à McGill me sert beaucoup. Cependant, j’envisage tout à fait de revenir au Québec, surtout quand j’aurais une famille – la vie y est tellement plus agréable qu’à Paris ! À l'étudiant qui souhaite venir à Montréal je lui dirais : Prépare-toi à perdre pas mal de repères, à exercer ton ouverture d’esprit, à faire une poussée de maturité d’un coup, et fonce !

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