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Toutes les informations pour immigrer, vivre, travailler et étudier au Québec (Canada)

Publié le 02 mai 2016

Un grand défi psychologique et professionnel

Prénom : Marjorie Théodore Arrivée en : 1986 Pays d'origine : Haïti

Pourquoi avez-vous immigré au Québec ?

Je suis née à Port-au-Prince en Haïti que j’ai quitté très tôt avec mes parents. Nous avons vécu au Bénin, au Congo-Kinshasa et au Gabon. Quand j’avais 10 ans, mes parents nous ont envoyés avec ma sœur de 11 ans, poursuivre nos études au Québec. Ils souhaitaient nous donner la chance de vivre ailleurs. J’ai fait mes études dans une petite ville près de Gatineau puis dans la ville de Québec et enfin au Nouveau-Brunswick. J’étais habituée à bouger sans cesse. Je me suis finalement fixée à Montréal en 1986 et depuis je suis toujours là !

Quelle est votre mission au sein de Vues et Voix ?

Je suis arrivée chez Vues et Voix en 1999 comme directrice développement et communication. 18 mois plus tard, je prenais le poste de directrice générale par intérim durant 6 mois avant d’être nommée directrice générale. Après toutes ces années, j’ai encore beaucoup d’ambition pour Vues et Voix. Depuis mon arrivée, nous sommes passés de 9 à 26 employés, nous avons doublé le nombre de bénévoles et nous produisons chaque année plus de 800 livres adaptés. Je suis attentive à inclure la diversité dans l’organisme. Que ce soit par la mise en place d’une charte de la diversité ou lors du recrutement de membres de l’équipe ou de bénévoles.

Êtes-vous impliquée dans des organismes d’aide ou d’accueil aux immigrants ?

J’ai été membre du conseil d’administration du Centre d’Encadrement pour Jeunes Femmes Immigrantes (CEJFI) durant 9 ans. Ce centre s’occupe principalement des jeunes femmes ou jeunes filles immigrantes qui ont besoin d’un encadrement psychologique, d’orientation, d’informations sur les études et autres informations essentielles pour poursuivre leur immigration. Quand je suis moi-même arrivée au Québec, j’aurai aimé avoir l’aide d’un organisme comme celui-ci. Au CEJFI, j’étais mentor pour plusieurs jeunes femmes immigrantes et même maintenant je continue à jouer ce rôle auprès de quelques-unes d’entre elles. Je les conseille sur leur recherche d’emploi, la préparation d’entrevues, etc. Aujourd’hui, elles me consultent pour de grandes décisions dans leur vie comme le changement d’emploi ou d’autres conseils sur leur orientation professionnelle. J’ai moi-même bénéficié du mentorat de personnes que je trouvais inspirantes. Même maintenant, je les consulte sur certaines décisions ou orientations professionnelles. Je trouve que cela est une force d’avoir le conseil de mentors.

Vous avez été lauréate au Gala Osez Agir, qu’avez-vous ressenti lors de cette marque de reconnaissance ?

Cela fait du bien d’être reconnu, on se dit que le travail que l’on fait est bien réel. De plus, être reconnu de façon spécifique en tant qu’immigrant est important. Même si l’on est un immigrant intégré lorsque cette spécificité ressort de façon positive c’est toujours un geste extraordinaire. On peut avoir un prix dans le cadre de son travail, mais un prix qui met en avant l’origine de la personne de façon positive cela vient consolider une identité. Je me sens Québécoise intégrée. Mon identité est multiple. Je suis née en Haïti, j’ai vécu en Afrique et au Québec. J’ai pris le meilleur de chacun de mes pays d’immigration.

Quel est selon vous le grand défi auquel sont confrontés les immigrants ?

Selon moi, le défi est différent si tu viens jeune ou à un certain âge avec ta famille et une carrière professionnelle derrière toi. Il faut alors repartir de zéro et souvent on a la sensation que l’on n’est rien. C’est un grand défi psychologique et professionnel. Pour une personne plus jeune, le défi sera davantage de rester centré sur ses valeurs et sur ses objectifs et de ne pas choisir la voie facile. Avec la maturité que j’ai aujourd’hui, les pays que j’ai visités, je trouve que le Québec est un beau pays avec une bonne qualité de vie dans lequel on peut faire son bout de chemin et de grandes choses. Mais cela n’est pas facile. Pour les femmes immigrantes, il y a un double défi : être femme et immigrante. J’ai par exemple été plusieurs fois l’objet d’un certain racisme en sourdine notamment quand j’ai voulu accéder à des postes de direction ou de gestionnaire. Mais je suis une personne très positive et qui ne se laisse pas faire. Je donnerai un conseil aux immigrants : il faut avoir la capacité de s’intégrer dans son nouveau pays en faisant de sa culture d’origine une force tout en absorbant la culture de l’autre. Notre culture d’origine peut devenir un handicap à l’intégration s’il n’y a pas d’ouverture pour faire un maillage des deux cultures.   * Vues et Voix : Depuis 40 ans, Vues et Voix produit des livres audio adaptés pour tous les publics qui n’ont pas accès à l’imprimé soit les déficients visuels, physiques et perceptuels et anime une radio spécialisée dans le handicap, radio M.

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