L’essentiel de l’actualité de l’immigration au Québec
#46
Un nouveau gouvernement, une nouvelle ministre désignée et un ministère rebaptisé : en octobre, le Québec a officiellement ouvert un nouveau chapitre dans sa gouvernance, incluant sa politique d’immigration.
On se souvient que le programme défendu pendant la campagne s’était distingué par ses ambitions à la baisse en matière d’immigration, permanente comme temporaire — et à la hausse en matière de contrôle opéré par le Québec sur les volumes et les catégories d’immigration qui le concernent.
On le sait, les dossiers ne manquent pas, alors que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) vient de refermer une première période de réception des demandes depuis sa réouverture partielle, le 2 juillet dernier, et qu’aucune ronde d’invitations n’a eu lieu en octobre dans le PSTQ.
Pendant ce temps, sur le terrain social et économique, des signaux contradictoires se dessinent. Tandis que les restrictions fédérales à l’embauche de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire continuent de s’appliquer à Montréal et à Gatineau, l’Institut du Québec souligne le rôle de premier ordre que pourrait jouer l’immigration dans l’équilibre des finances publiques à long terme. Une équation dans laquelle la reconnaissance des compétences et l’intégration en emploi occupent une place centrale.
Or, un sondage révèle que la part des Québécois qui considèrent que l’immigration au Canada est trop élevée a fortement reculé en un an. Une tendance générale au Canada, mais plus marquée dans la province francophone, qui interroge, et paraît d’autant plus pertinente à considérer dans un contexte de changement de cap des politiques d’immigration.
Il sera donc intéressant d’observer dans quelle mesure ces changements se traduiront dans les faits, de même que dans les parcours des personnes concernées.
Direction
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Coordination éditoriale
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Rédaction
Basile Moratille
Conception Web
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Édité par
Immigrant Québec
305 rue de Bellechasse
Montréal H2S 1W9
(Québec) Canada
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La période temporaire de réception des demandes dans le PEQ s’est terminée le 31 octobre 2026 à 23 h 59, heure de Montréal. Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration (MII) indique que les demandes soumises pendant la période autorisée et respectant les critères de réception seront examinées.
Si le nombre total de demandes reçues n’est pas encore public, les données du ministère de l’Immigration et de l’Intégration (MII) indiquent que 12 364 demandes ont été effectivement reçues entre le 2 juillet et le 31 août 2026. Un chiffre qui s’inscrit pleinement dans les estimations du gouvernement avant la réouverture partielle du programme.
Au moment de l’extraction des données, le 13 septembre 2026, 7 938 demandes concernaient le volet Diplômés du Québec, soit 64,2 % du total. Les 4 426 autres demandes relevaient alors du volet Travailleurs étrangers temporaires (TET), soit 35,8 %.
À noter que le PEQ avait initialement été annoncé comme rouvert jusqu’en juillet 2028. Il s’agira donc de suivre avec attention ce qu’il en adviendra, notamment après l’arrivée du gouvernement nouvellement élu à la tête du Québec. Aucune annonce à son sujet n’a, à ce jour, été faite sur une éventuelle seconde période de réception des demandes, selon d’autres critères d’admissibiltié.
Dans une réponse à une demande d’accès à l’information datée du 5 octobre 2026, le MII détaille le nombre de demandes reçues dans les deux volets du PEQ. Plus de 12 000 demandes reçues entre le 2 juillet et le 31 août 2026.
Si aucune ronde d’invitation n’a eu lieu au cours du mois d’octobre dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), des données rendues publiques par le ministère de l’Immigration et de l’Intégration (MII) ont porté un éclairage intéressant sur la ronde du 27 août 2026.
À la suite d’une demande d’accès à l’information ayant reçu réponse le 1er octobre 2026, le MII a dévoilé la répartition géographique d’une partie des invitations du 27 août, selon la municipalité de résidence des personnes invitées.
Or, sur les 531 invitations, 108 concernaient des personnes résidant à Montréal (20,3 %) et 73 à Québec (13,7 %), deux municipalités qui concentrent ainsi 34 % des invitations. Les 350 autres invitations, soit 65,9 % du total, ont été regroupées sous la catégorie « Autres ».
Le MII explique avoir retiré les données inférieures à 20 pour protéger la confidentialité des renseignements personnels. Il n’est donc pas possible de connaître la répartition détaillée des invitations dans les autres municipalités québécoises.
Le 21 octobre 2026, Catherine Gentilcore a été nommée ministre de l’Immigration et de l’Intégration. Elle succède à François Bonnardel au sein du gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon.
Ce changement s’accompagne du retrait de la francisation de l’intitulé du portefeuille ministériel, qui se nomme désormais ministère de l’Immigration et de l’Intégration (MII).
Numéro 2 du gouvernement, Mme Gentilcore occupe également les fonctions de vice-première ministre du Québec, ministre responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance et leader parlementaire du gouvernement.
Parmi les autres portefeuilles qui ont changé de dénomination, citons notamment les ministères :
La nouvelle ministre de l’Immigration et de l’Intégration sera présente au 7e Sommet de l’immigration au Québec, qui aura lieu à Montréal le 26 novembre 2026.
Selon un sondage de l’Environics Institute publié le 26 octobre 2026, 48 % des Canadiens estiment que le pays accueille trop d’immigrants, contre 56 % en 2025. Au Québec, cette proportion s’élève à 43 %, soit le taux le plus faible parmi les provinces canadiennes.
Au Québec, seuls 43 % des répondants estiment qu’il y a trop d’immigrants au Canada, soit une baisse de 8 points en un an.
Réalisé du 8 au 21 septembre 2026 auprès de 2 000 adultes canadiens, le sondage révèle une évolution de l’opinion publique sur l’immigration. À l’échelle du pays, 48 % des répondants jugent le nombre d’immigrants trop élevé, tandis que 48 % sont en désaccord avec cette affirmation. Cette proportion avait atteint 58 % en 2024, avant de reculer légèrement à 56 % en 2025.
Pour l’Environics Institute, les résultats de 2026 traduisent un retour progressif vers une plus grande ouverture à l’immigration.
Le Québec se distingue avec seulement 43 % des répondants qui jugent l’immigration trop importante, contre 51 % en 2025. À l’inverse, cette proportion atteint 58 % en Alberta, 50 % au Manitoba et en Saskatchewan et 48 % en Ontario.
Parmi les Canadiens qui estiment que l’immigration est trop élevée, 28 % dénoncent une mauvaise gestion gouvernementale, 28 % évoquent des conséquences économiques et 26 % pointent la pression sur le logement.
Malgré ces préoccupations, 75 % des Canadiens reconnaissent les effets positifs de l’immigration sur l’économie, contre 70 % en 2025.
On rappelle que ces résultats font suite à la mise à jour des données de Statistique Canada, selon lesquelles quatre fois moins de résidents non permanents que prévu auraient quitté le territoire entre le 1er janvier 2025 et le 1er janvier 2026.
Les 22 et 23 octobre 2026, la quatrième édition du Forum sur la régionalisation de l’immigration au Québec s’est tenue à Granby. Organisé par Emplois en régions, l’événement a rassemblé près de 200 professionnels, dans le but de renforcer la collaboration pour favoriser l’établissement durable des personnes immigrantes en région.
Sous le thème « L’action concertée au service des régions », le forum a réuni des représentants des milieux communautaire, institutionnel, municipal et privé. Conférences, panels et ateliers collaboratifs ont permis d’aborder les enjeux d’attraction, d’intégration et de capacité d’accueil des territoires.
Les échanges ont notamment porté sur le partage des responsabilités entre les acteurs locaux, la coordination des services et les bonnes pratiques de régionalisation. Un rapport regroupant les réflexions issues de cette quatrième édition sera publié en 2027 afin d’orienter les prochaines actions collectives.
Dans un communiqué du 28 octobre 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions financières contre les représentants en immigration et en citoyenneté qui enfreignent la loi.
Ces sanctions concernent aussi bien les représentants autorisés (consultants, avocats, etc.) que les personnes exerçant sans autorisation.
Les amendes prévues sont notamment de :
IRCC prévoit également de publier dès 2027 un registre des représentants sanctionnés, avec leur nom et les infractions commises.
Les demandeurs sont invités à vérifier que leur représentant est autorisé avant de payer pour ses services, au registre public tenu par le Collège des consultants réglementés en immigration canadienne (CRIC) et des conseillers réglementés en immigration pour étudiants étrangers (CRIEE).
Le 7 octobre 2026, IRCC a annoncé la tenue d’un sondage auprès des résidents temporaires ukrainiens au Canada. Cette consultation vise à mieux comprendre leur expérience, notamment celle des personnes qui ont bénéficié des mesures spéciales mises en place pour les Ukrainiens.
Organisé tout au long du mois d’octobre 2026, le sondage s’adresse à des résidents temporaires ukrainiens sélectionnés au hasard, dont certains bénéficiaires de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU).
Les participants pourront partager leur expérience concernant leur arrivée au Canada ou la prolongation de leur séjour. Les réponses permettront à IRCC de mieux connaître leurs attentes et leurs intentions.
D’une durée de 15 à 20 minutes, le questionnaire est proposé en français, en anglais, en ukrainien et en russe. La participation est volontaire et confidentielle, et n’a aucune incidence sur les demandes d’immigration.
Le 9 octobre 2026, Emploi et Développement social Canada (EDSC) a actualisé les taux de chômage par région métropolitaine de recensement (RMR). Les régions de Montréal et d’Ottawa-Gatineau restent au-dessus du seuil de 6 %, entraînant le maintien des restrictions à l’embauche dans le volet bas salaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
À Montréal, le taux de chômage passe ainsi de 6,8 % à 7,2 %, tandis qu’il augmente de 6,7 % à 7,9 % dans la RMR d’Ottawa-Gatineau. Les cinq autres RMR du Québec restent sous le seuil de 6 % : Saguenay (3,7 %), Drummondville (3,8 %), Sherbrooke (4,2 %), Québec (4,3 %) et Trois-Rivières (5,7 %).
Dans les RMR affichant un taux de chômage de 6 % ou plus, les demandes d’évaluation de l’impact sur le marché du travail pour les postes à bas salaire ne sont généralement pas traitées. Des exemptions existent, notamment dans les secteurs de la construction, de l’agriculture primaire, de la fabrication alimentaire et des soins.
Ces taux s’appliquent du 9 octobre 2026 au 7 janvier 2027. La prochaine mise à jour est prévue le 8 janvier 2027.
Dans une étude publiée le 19 octobre 2026, l’Institut du Québec (IDQ) estime que le retour à l’équilibre budgétaire ne suffira pas à assurer la santé des finances publiques à long terme. Pour limiter les déficits d’ici 2045, le Québec devra notamment miser sur une hausse du taux d’emploi et sur l’immigration.
Dans son étude Emploi, immigration, productivité : quels leviers pour redresser les finances publiques ?, l’IDQ projette le Québec à l’horizon 2045, dans un contexte de vieillissement de la population. Selon l’Institut, sans nouvelles mesures après 2030, les dépenses publiques augmenteraient de 3,4 % par an, contre 2,9 % pour les revenus. Les dépenses en santé pourraient notamment bondir de 92 % d’ici 2045, sous l’effet du vieillissement de la population et de la hausse du coût des soins.
Pour mesurer les solutions possibles, l’Institut a étudié 27 scénarios combinant trois facteurs : le taux d’emploi, l’immigration et la productivité.
La hausse du taux d’emploi aurait l’effet le plus important. En favorisant notamment le maintien en emploi des travailleurs expérimentés, le Québec pourrait ramener son déficit de 2,1 % à 0,6 % du PIB en 2045.
L’immigration jouerait également un rôle. Avec 65 000 admissions permanentes par année, le déficit serait réduit à 1,5 % du PIB. À l’inverse, une baisse des admissions accentuerait les pressions budgétaires.
L’IDQ souligne toutefois que l’effet de l’immigration dépend aussi de l’intégration au marché du travail. Il recommande de mieux reconnaître les compétences des personnes immigrantes, ainsi que l’expérience professionnelle et les revenus déjà acquis au Québec par les résidents temporaires.
Avec 65 000 immigrants permanents par an, le déficit du Québec pourrait atteindre 1,5 % du PIB en 2045, contre 2,1 % dans le scénario de référence de l’IDQ.
Le 27 octobre 2026, IRCC a annoncé une prolongation ciblée des mesures temporaires permettant aux ressortissants haïtiens et soudanais déjà présents au Canada de renouveler leur permis de travail.
La mesure concerne uniquement les personnes admissibles qui détiennent un permis de travail valide délivré dans le cadre des mesures temporaires précédentes. Celles-ci pourront demander sa prolongation en acquittant les frais de traitement normalement prévus.
Les ressortissants des deux pays qui souhaitent prolonger leur statut de visiteur ou leur permis d’études devront quant à eux suivre les procédures habituelles.
Les mesures précédentes, qui arrivaient à échéance le 27 octobre 2026, sont ainsi prolongées en raison de l’instabilité persistante en Haïti et au Soudan. Cette prolongation restera en vigueur jusqu’au 30 décembre 2027.
Au lendemain de cette annonce, deux politiques d’intérêt public respectivement pour Haïti et le Soudan ont été publiées par IRCC.
Le 16 octobre 2026, IRCC a annoncé une réforme du système de classement global d’Entrée express. À compter du 3 novembre, les candidats ayant une expérience de travail au Canada ou une offre d’emploi dans une profession à salaire élevé seront avantagés.
Cette réforme vise à mieux répondre aux besoins du marché du travail canadien et à favoriser l’immigration de travailleurs qualifiés.
Depuis le 3 novembre 2026, des points supplémentaires sont accordés aux candidats possédant une expérience de travail canadienne admissible ou une offre d’emploi admissible dans une profession à salaire élevé, c’est-à-dire lorsque son salaire médian atteindra au moins 1,3 fois le salaire médian de l’ensemble des travailleurs canadiens. Les secteurs concernés comprennent notamment la santé, l’ingénierie, les technologies, l’éducation et les métiers spécialisés.
Autre changement à noter : une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) n’est plus nécessaire pour qu’une offre d’emploi admissible donne droit à ces nouveaux points. IRCC continuera toutefois de vérifier la validité des offres qui lui seront soumises.
Les candidats déjà inscrits ont vu leur score automatiquement recalculé. Ceux qui souhaitaient obtenir des points pour une offre d’emploi devaient mettre à jour leur profil avant le 3 novembre.
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