L’essentiel de l’actualité de l’immigration au Québec
#45
À l’issue des élections provinciales du 5 octobre 2026, une page de la politique d’immigration du Québec se ferme, tandis qu’une autre s’apprête à s’ouvrir. Réduction importante du nombre de résidents temporaires, baisse des admissions permanentes, priorité aux personnes déjà présentes sur le territoire, nouvelles exigences en matière de français : les orientations avancées par le Parti québécois pendant la campagne dessinent un changement de cap significatif.
Reste que celui-ci intervient alors que le paysage migratoire a déjà beaucoup changé, après bientôt deux ans d’austérité réglementaire de l’immigration et des mesures de resserrement pour la plupart toujours en vigueur — même si le premier ministre du Canada laisse entrevoir que des assouplissements pourraient être envisagés prochainement.
Quoi qu’il en soit, même si les personnes déjà présentes semblent quitter le Québec en moins grand nombre que ce que les statistiques avaient anticipé, il n’en demeure pas moins que les arrivées de nouveaux étudiants et travailleurs temporaires diminuent partout au Canada, jusqu’aux demandes d’asile, qui ont-elles aussi fortement reculé. En cette rentrée d’automne, les universités commencent d’ailleurs à mesurer les conséquences de la baisse du nombre d’étudiants internationaux : pertes de revenus, difficultés de recrutement en recherche et, potentiellement, fragilisation de certains programmes.
Mais l’immigration ne se résume jamais à des lignes de chiffres et de statistiques. Plus de 161 000 personnes immigrantes ont pu voter pour la première fois aux élections québécoises cette année. Et, en région, on prend les devants pour faire société avec celles et ceux qui sont là, à l’image de la Ville de Trois-Rivières, qui s’est dotée d’un plan pour favoriser l’inclusion et la participation des personnes immigrantes.
Une page se tourne, mais l’histoire s’écrit avec le concours de toutes et tous.
Direction
Christophe Berthet
Coordination éditoriale
Basile Moratille
Rédaction
Basile Moratille
Conception Web
Soufian Ajlani
Photo
Unsplash, MIFI
Édité par
Immigrant Québec
305 rue de Bellechasse
Montréal H2S 1W9
(Québec) Canada
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La victoire du Parti québécois (PQ) aux élections provinciales du 5 octobre 2026 va placer un nouveau premier ministre à la tête du Québec. Un changement qui s’accompagnera de nouvelles orientations en matière d’immigration, axées sur une réduction des volumes, particulièrement de l’immigration temporaire, et sur un renforcement du contrôle exercé par le Québec.
La proposition initiale du parti sorti vainqueur du scrutin du 5 octobre 2026, et formera le prochain gouvernement du Québec repose sur trois orientations principales :
Immigration temporaire : le PQ veut réduire au moins de moitié le nombre de résidents non permanents (RNP) au Québec au cours d’un mandat, soit une diminution d’environ 200 000 à 250 000 personnes, tout en prévoyant certaines exceptions pour des secteurs jugés prioritaires.
Travailleurs étrangers temporaires : le parti souhaite notamment ramener à environ 40 000 le nombre de travailleurs relevant du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et remplacer les permis fermés par des permis sectoriels et régionaux, une modification qui nécessiterait la collaboration du gouvernement fédéral.
Étudiants internationaux : le PQ vise environ 50 000 étudiants étrangers et souhaite mieux répartir leur présence entre les régions ainsi qu’entre les établissements francophones et anglophones.
Immigration permanente : le parti propose de fixer à environ 35 000 le nombre d’admissions permanentes annuelles et d’imposer temporairement un moratoire sur le recrutement à l’étranger de travailleurs qualifiés, afin de privilégier la sélection de personnes déjà établies temporairement au Québec.
Réunification familiale : le PQ souhaite accélérer le traitement des dossiers, particulièrement ceux concernant les conjoints et les enfants, et s’est engagé à résorber la liste d’attente de ces dossiers.
Français et intégration : le parti veut relever les exigences de connaissance du français pour certains résidents temporaires et propose notamment d’étendre l’application de la loi 101 aux enfants des immigrants temporaires établis au Québec depuis plus de douze mois ainsi qu’au réseau collégial.
Demandeurs d’asile : dans le cadre fédéral actuel, le PQ souhaite que le Québec n’accueille qu’une proportion correspondant approximativement à son poids démographique au Canada, soit environ 22 % des demandeurs d’asile.
Relations avec Ottawa : Paul St-Pierre Plamondon réclame que le Québec dispose de davantage de contrôle sur les volumes et les catégories d’immigration qui le concernent, tout en soutenant que seule l’indépendance permettrait au Québec d’obtenir l’ensemble des pouvoirs en matière d’immigration, d’asile, de visas et de contrôle des frontières.
De nouvelles estimations publiées par Statistique Canada apportent une mise à jour importante du portrait de l’immigration temporaire au Canada et au Québec. Or, si le nombre de résidents non permanents (RNP) diminue dans les faits, il a baissé moins fortement qu’on l’estimait jusqu’alors.
Si le nombre de résidents non permanents (RNP) diminue dans les faits, il a baissé moins fortement que prévu. Celui-ci aurait diminué de 12 800 personnes au cours de l’année 2025, contre 51 400 selon les anciennes estimations.
Cette révision somme toute importante s’explique notamment par l’introduction d’une nouvelle méthode de calcul de Statistique Canada. Auparavant, une personne dont le permis avait expiré pouvait être considérée comme ayant quitté le pays, même si elle avait demandé une prolongation et bénéficiait d’un statut conservé. Ces personnes sont désormais mieux prises en compte. Statistique Canada utilise aussi les données sur les passages aux frontières pour estimer plus finement les départs.
Au Québec, le nombre de RNP a ainsi connu son pic en octobre 2025 (557 358), avant de passer à 535 800 en janvier 2026, 527 200 en avril de la même année, avant de remonter à 531 800 en juillet. Le nombre de titulaires d’un permis de travail a notamment augmenté d’environ 10 000 entre avril et juillet.
À l’échelle canadienne, Statistique Canada estime à 2,78 millions le nombre de RNP au 1er juillet 2026, soit 6,7 % de la population. Le gouvernement fédéral s’est engagé à abaisser cette proportion à 5 % de la population d’ici fin 2027.
Le 24 septembre 2026, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) a procédé à sa traditionnelle ronde d’invitations dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Le MIFI précise qu’il « examine actuellement les demandes de sélection permanente reçues durant le mois de janvier 2026 ».
Alors que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) demeure ouvert jusqu’au 31 octobre 2026, entraînant avec lui une baisse du nombre d’invitations dans le PSTQ, un total de 519 personnes ont été invitées dans le PSTQ, dans les quatre volets du programme.
Avec 316 invitations, le Volet 2 — Compétences intermédiaires et manuelles concentre plus de 60 % des invitations de cette ronde. Parmi les profils ciblés figurent notamment des personnes travaillant dans la santé et les services sociaux, l’éducation, la restauration, la construction, le transport et la fabrication. Les candidats devaient séjourner au Québec et justifier, selon les exercices, d’au moins 24 mois d’expérience, dont 12 au Québec.
Le Volet 3 — Professions réglementées compte pour sa part 110 invitations. Les exercices ont notamment ciblé la santé, l’éducation, le génie et plusieurs métiers de la construction. Dans le principal exercice, consacré à des professions de la santé, de l’éducation et des services sociaux, le pointage minimal était de 631.
Enfin, 86 invitations ont été envoyées dans le Volet 1 — Haute qualification et compétences spécialisées, notamment dans des professions prioritaires liées à la santé, aux services sociaux, à la petite enfance, au génie, aux technologies et à certains métiers spécialisés. Sept autres invitations ont été transmises dans le Volet 4 — Talents d’exception.
La politique d’intérêt public qui permettait à certains résidents permanents de parrainer un membre de leur famille qui n’avait pas été déclaré ou contrôlé lors de leur propre demande de résidence permanente a pris fin le 10 septembre 2026.
Les demandes admissibles reçues au plus tard le 10 septembre 2026 continueront d’être traitées selon la politique d’intérêt public désormais expirée.
Mise en place en 2019, puis prolongée à plusieurs reprises, cette mesure concernait notamment certaines personnes ayant obtenu leur résidence permanente à titre de réfugié ou de personne protégée. Elle pouvait aussi bénéficier à des personnes qui avaient elles-mêmes été parrainées comme époux, conjoints de fait, partenaires conjugaux ou enfants à charge.
Depuis le 10 septembre 2026, cette dispense n’est plus offerte pour les nouvelles demandes, qui se trouvent par conséquent soumises aux règles qui prévalaient en 2019. Au moment de demander la résidence permanente, le demandeur principal doit déclarer tous les membres de sa famille (époux/conjoint de fait et enfants à charge notamment), même ceux qui ne l’accompagnent pas immédiatement au Canada. Dans la plupart des cas, ces personnes doivent également faire l’objet des contrôles requis.
En vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés, un membre de la famille qui n’a pas été déclaré et contrôlé peut ensuite être exclu de la catégorie du regroupement familial. Le résident permanent peut alors perdre la possibilité de le parrainer ultérieurement.
Les dernières données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) datant du 31 juillet 2026 confirment la baisse continue des arrivées de nouveaux étudiants étrangers et travailleurs temporaires au Canada.
Entre janvier et juillet 2026, 28 200 nouveaux étudiants étrangers et 113 360 travailleurs temporaires sont arrivés au Canada. Au total, cela représente environ 22 % d’arrivées de moins que durant la même période en 2025.
La baisse est particulièrement marquée chez les étudiants : leurs arrivées reculent d’environ 36 % par rapport aux sept premiers mois de 2025. Du côté des travailleurs temporaires, la diminution est d’environ 17 %.
IRCC compare aussi ces chiffres à ceux observés en 2024, d’où l’on mesure pleinement le recul des nouveaux résidents temporaires. En effet, les arrivées cumulées d’étudiants et de travailleurs ont chuté de 66 % en deux ans.
Au 31 juillet 2026, 590 205 personnes détenaient un permis d’études et 1 560 565 détenaient uniquement un permis de travail au Canada.
Selon le premier ministre canadien, le gouvernement a désormais repris le contrôle de son système d’immigration et doit déterminer quand amorcer à nouveau une « augmentation contrôlée » de la population du pays.
M. Carney avait déjà estimé publiquement (en Alberta, le 29 juillet 2026) que son gouvernement avait « repris le contrôle de l’immigration », mais sans s’avancer plus avant sur la question.
Cette nouvelle déclaration, qui aura fait couler beaucoup d’encre au Canada (et surtout au Québec, en pleine campagne électorale) va donc plus loin, même si elle n’apporte aucun élément chiffré ni sur un éventuel calendrier.
Et pour cause. Si l’on considère le médium utilisé — le New York Times — il est probable qu’elle n’ait pas été destinée aux Canadiens, mais plutôt qu’elle a été formulée en réponse à la sortie du président américain, dans un contexte diplomatique et économique pour le moins tendu entre les deux pays. Le président Trump avait en effet estimé quelques jours plus tôt que le Canada « s’autodétruisait en accueillant des millions et des millions de personnes non contrôlées et non vérifiées ».
Nous en saurons peut-être plus au moment de la publication du prochain plan fédéral des niveaux d’immigration, attendu le 1er novembre 2026.
Plus de 161 000 personnes originaires d’autres pays ont pu exercer leur droit de vote pour la première fois lors des élections québécoises du 5 octobre 2026, un nombre en hausse d’environ 50 % par rapport au précédent scrutin général.
Selon les données d’Élections Québec rapportées par Radio-Canada, un peu plus de 161 000 personnes devenues citoyennes canadiennes depuis les élections de 2022 étaient nouvellement admissibles au vote. Entre les scrutins de 2018 et de 2022, elles étaient environ 106 000.
Le droit de vote est l’un des grands traits qui distinguent un résident permanent d’une personne naturalisée et titulaire de la citoyenneté canadienne. La participation électorale représente une étape extraordinairement importante dans un parcours d’immigration. Elle est un devoir citoyen, mais aussi une façon de prendre pleinement sa place dans sa communauté et de contribuer aux décisions collectives.
Le 22 septembre 2026, la Ville de Trois-Rivières a dévoilé son plan d’action en immigration pour les trois prochaines années. Il comprend quatre objectifs et 24 actions destinées notamment à favoriser l’accueil, l’inclusion, la participation et l’intégration des personnes immigrantes.
Le plan est le résultat d’une démarche de consultation menée auprès de personnes issues de l’immigration, de la population et d’organismes partenaires. La Ville souhaite notamment mieux faire connaître les parcours des personnes immigrantes et agir contre les préjugés et la discrimination. Le logement et l’isolement figurent aussi parmi les enjeux relevés. Selon la Ville, 25 % des personnes nouvellement arrivées se retrouvent en situation d’isolement.
Parmi les actions annoncées, Trois-Rivières vise à ce que 60 % de ses employés, notamment dans les services d’urgence, aient reçu une formation adaptée aux réalités de l’immigration d’ici trois ans.
Cette initiative marque un exemple concret de régionalisation de l’intégration, à travers des actions municipales allant au-delà de la seule attraction des nouveaux arrivants.
Sous le thème « Le Québec en commun », la Semaine québécoise des rencontres interculturelles proposera des activités partout dans la province pour favoriser les rencontres et les échanges entre les Québécoises et Québécois de toutes origines.
Rencontres, conférences, ateliers, activités culinaires, clubs de lecture, projections ou encore activités en milieu scolaire : les formats proposés sont nombreux. Les initiatives doivent contribuer au rapprochement interculturel et au vivre-ensemble, en français, qu’ils soient portés par des organismes communautaires, des municipalités, des entreprises ou des établissements d’enseignement.
La Semaine sera aussi l’occasion, comme chaque année, de remettre les prix Charles-Biddle, Maurice-Pollack et Solange-Chalvin.
Rendez-vous, donc, du 2 au 8 novembre pour découvrir les activités proposées dans les différentes régions du Québec !
Un sondage 2026 de Royal LePage montre que 71 % des nouveaux arrivants au Québec qui ne sont pas propriétaires souhaitent acheter leur résidence principale. Mais l’épargne nécessaire pour la mise de fonds et la situation professionnelle repoussent souvent leur projet.
Parmi les nouveaux arrivants au Québec qui souhaitent devenir propriétaires, 63 % citent l’épargne pour la mise de fonds comme un obstacle à l’achat. Suivent l’obtention d’un emploi plus stable ou mieux rémunéré (41 %) et la constitution d’une cote ou d’un historique de crédit au Canada (27 %).
Ces difficultés se reflètent dans leur calendrier. Seulement 10 % prévoient acheter dans moins d’un an et 30 % d’ici un à deux ans. À l’inverse, 27 % envisagent de le faire dans plus de deux ans et 24 % ont un calendrier incertain, même si l’achat reste une priorité.
La propriété demeure pourtant un objectif important. Parmi les nouveaux arrivants québécois qui ne possèdent pas leur résidence principale, 79 % de l’ensemble des répondants considèrent l’immobilier comme un bon investissement financier et 80 % estiment que le fait d’être propriétaire contribue à leur sentiment d’appartenance au Canada.
Le sondage montre enfin une certaine mobilité résidentielle : parmi les futurs acheteurs au Québec, seulement 38 % prévoient acheter dans la ville ou municipalité où ils se sont d’abord établis au Canada. 31 % envisagent une autre municipalité et 32 % ne savent pas encore où ils achèteraient.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) assouplit les règles pour les travailleurs étrangers temporaires déjà au Canada. Les titulaires d’un permis de travail valide peuvent désormais suivre un programme d’études d’une durée maximale de six mois sans demander de permis d’études.
La nouvelle politique d’intérêt public est entrée en vigueur en septembre 2026. Elle vise notamment les travailleurs qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences, obtenir un titre de compétences ou un permis professionnel, tout en continuant à travailler au Canada. IRCC cite notamment les métiers spécialisés, les soins infirmiers et les techniques de laboratoire.
En réalité, les travailleurs pouvaient déjà suivre une formation de six mois ou moins sans permis d’études. Mais celle-ci devait pouvoir être terminée pendant la période de séjour autorisée lors de leur entrée au Canada. La nouvelle mesure supprime cette condition pour les titulaires d’un permis de travail valide, et ne constitue donc pas, en tant que telle, une nouvelle voie d’entrée au Canada.
La dispense reste limitée aux cours ou programmes d’une durée maximale de six mois. Elle s’applique jusqu’à l’expiration du permis de travail ou de la politique temporaire, selon la première éventualité. Les autres exigences d’admissibilité continuent de s’appliquer.
La mesure doit prendre fin le 31 décembre 2027 et peut être révoquée avant cette date.
Rappelons que tout programme d’études à temps plein d’une durée de plus de six mois plus nécessite d’obtenir un permis d’études.
Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration propose trois webinaires en octobre et novembre pour les personnes de plusieurs pays européens qui envisagent de travailler au Québec. Les séances sont gratuites, en français et accessibles sur inscription.
Le premier rendez-vous aura lieu le 8 octobre 2026. Consacré au secteur de l’éducation au Québec, il s’adresse aux personnes de France, de Belgique et d’Italie.
Deux autres webinaires porteront plus largement sur les démarches pour travailler au Québec. Ils se tiendront les 21 octobre et 12 novembre. Ils seront ouverts aux personnes de France, de Belgique, d’Italie, de Suisse, de Roumanie et de Bulgarie.
Ces séances permettent notamment de mieux connaître les démarches d’immigration, la société et l’économie québécoises ainsi que les secteurs d’emploi où des postes sont recherchés.
Le début de la session d’automne a été marqué par un recul du nombre d’étudiants étrangers, qui se poursuit dans plusieurs universités québécoises. Les établissements alertent désormais sur ses conséquences financières, mais aussi sur les moyens alloués à la recherche et le maintien de certains programmes.
Des données préliminaires recueillies par Le Devoir montrent des baisses marquées de la fréquentation des étudiants étrangers à la rentrée universitaire d’automne : -12 % à l’UQAM, -25 % à l’Université de Sherbrooke et plus de -30 % à l’UQTR par rapport à 2025. À l’UQAC, le recul atteint 22 %, tandis que l’ENAP compte 168 étudiants internationaux, contre 418 un an plus tôt.
À l’UQTR, le nombre d’étudiants internationaux est passé d’environ 2 500 à l’automne 2024 à 1 500 cet automne, soit 1 000 étudiants de moins.
À l’UQTR, la diminution d’environ 1 000 étudiants internationaux depuis l’automne 2024 représente une perte estimée à 23 millions de dollars. Mais l’enjeu dépasse la seule question des droits de scolarité. Certains établissements signalent aussi des difficultés à recruter suffisamment d’étudiants pour certains projets de recherche. À terme, des cours ou programmes pourraient également être menacés si les inscriptions deviennent trop faibles, au risque d’appauvrir, par voie de conséquence, l’offre de cours proposée aux étudiants québécois.
Les étudiants étrangers inscrits comptent pour 44 628 personnes à l’automne 2026. Ils représentent 13,7 % de la population universitaire, contre 15,7 % en 2025 et 18 % en 2024.
Ces tendances ont depuis été confirmées par le Bureau de coopération interuniversitaire dans ses Données préliminaires relatives aux inscriptions au trimestre d’automne, publiées le 3 octobre 2026, et qui apporte un éclairage complet et précis sur l’évolution des inscriptions dans les universités du Québec. On apprend notamment que, à l’image de la situation dans les collèges, la hausse totale des inscriptions masque une baisse sensible du nombre d’étudiants étrangers, notamment en 2e cycle (-23,9 %) et au 1er cycle (-9 %).
Les nouvelles données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) montrent une nette diminution des demandes d’asile. Entre janvier et juillet 2026, leur nombre a baissé de 69 % par rapport à la même période en 2024.
En juillet 2026, 4 050 personnes ont demandé l’asile au Canada, contre 14 385 en juillet 2024. Au Québec, 1 050 demandes ont été présentées durant le mois, contre 4 655 deux ans auparavant.
La baisse est particulièrement marquée aux points d’entrée officiels. De janvier à juillet, 7 965 demandeurs y ont été recensés en 2026, contre 22 045 en 2025 et 40 835 en 2024. IRCC relève notamment une diminution des demandes présentées par des titulaires de visas de résident temporaire.
Le ministère associe aussi cette évolution aux mesures prises ces dernières années concernant les visas, la frontière canado-américaine et la recevabilité des demandes d’asile. Les données, arrêtées au 31 juillet 2026, demeurent évidemment provisoires.
Le MIFI affiche désormais un délai de traitement de 25 à 60 jours pour les demandes de sélection permanente des personnes reconnues réfugiées ou à protéger au Canada. En cause, un volume exceptionnel de demandes.
Les personnes reconnues réfugiées ou à protéger qui habitent au Québec doivent présenter une demande de sélection permanente auprès du gouvernement du Québec afin d’obtenir leur Certificat de sélection du Québec (CSQ), avant de pouvoir poursuivre au fédéral vers la résidence permanente. Or, selon la mise à jour du 28 septembre 2026, le MIFI traite actuellement les demandes reçues le 10 septembre 2026 et évalue le délai de traitement entre 25 et 60 jours.
Dans un communiqué du 3 octobre 2026, IRCC indique que les ressortissants et anciens résidents d’Israël et de la Palestine peuvent désormais être admissibles à un examen des risques avant renvoi (ERAR) sans avoir à attendre le délai de 12 mois habituellement prévu.
La mesure concerne les personnes qui ont reçu, entre le 28 septembre 2025 et le 29 septembre 2026, une décision définitive défavorable concernant une demande d’asile, un précédent ERAR ou une décision de la Cour fédérale liée à leur dossier.
IRCC peut lever le délai habituel de 12 mois avant une nouvelle demande d’ERAR lorsqu’un changement soudain et important survient dans le pays d’origine.
Chaque dossier continuera d’être évalué individuellement. Être admissible à présenter une demande ne garantit donc pas de pouvoir rester au Canada. Les personnes ayant reçu une décision défavorable après le 29 septembre 2026 restent soumises au délai de 12 mois.
Le 29 septembre 2026, IRCC a annoncé près de 1,2 million de dollars pour soutenir trois projets visant à attirer et retenir davantage de personnes immigrantes francophones dans des communautés hors Québec.
Deux nouveaux projets seront ainsi financés pour deux ans.
Enfin, la ministre Metlege Diab a débloqué 300 000 $ qui financeront la deuxième phase d’« Osez le Nord », une stratégie destinée à promouvoir les communautés francophones du nord de l’Ontario. Ces initiatives s’inscrivent dans le Programme d’appui à l’immigration francophone d’IRCC.
Le 28 septembre 2026, IRCC a confirmé la prolongation pour 60 jours de ses mesures temporaires en matière d’immigration en réponse à l’éclosion d’Ebola en République démocratique du Congo, ainsi qu’aux risques de propagation dans les pays voisins.
traitement des dossiers d’immigration demeure suspendu pour les résidents des pays considérés comme présentant un risque élevé ou très élevé d’épidémie d’Ebola. Sont concernés la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Les personnes dont le dernier pays de résidence au moment de leur demande était l’un de ces trois pays ne peuvent actuellement pas se rendre au Canada. Cette restriction s’applique également aux personnes qui disposent déjà d’un visa, d’un permis ou d’une autorisation de voyage électronique approuvés.
IRCC continuera toutefois à traiter les demandes nouvelles et existantes visées par ces mesures. Aucune ne sera finalisée avant la levée des restrictions. Ces mesures resteront en vigueur jusqu’au 27 novembre 2026.
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