L’essentiel de l’actualité de l’immigration au Québec
Février 2026
#37
Février s’ouvre sur une évidence qui, au Québec, n’a rien d’abstrait : quand l’immigration ralentit, la démographie régionale ralentit avec elle. Les fiches démographiques 2025 de l’Institut de la statistique du Québec rappellent que, dans un contexte de faible fécondité et de vieillissement, l’apport migratoire n’est plus tant un « gain » qu’une condition minimale pour éviter la stagnation, voire le déclin.
Ce resserrement se lit aussi dans la mécanique fédérale : les dernières données évoquent une forte baisse des entrées d’étudiants et de travailleurs temporaires au cours de l’année 2025, alors qu’ont été ouvertes les premières rondes d’invitations dans les populaires programmes d’Expérience internationale Canada (EIC).
Au Québec, les effets des mesures d’abaissement de l’immigration commencent à se faire sentir dans plusieurs secteurs — et dans la plupart des régions. Des effets qui affectent les résidents temporaires, mais aussi, parmi eux, les résidents permanents de demain. Montréal réclame une clause « grand-père » après la fin du PEQ, au nom de la prévisibilité pour des personnes déjà établies ; Québec refuse, au nom de la cohérence du virage opéré le 5 juin 2025, avec le gel, puis la suppression du programme.
Pendant ce temps, on ajuste les paramètres de la vie quotidienne : frais révisés au 1er janvier, salaire horaire minimum porté à 16,60 $ dès le 1er mai, projet d’encadrement des logements fournis aux travailleurs étrangers à bas salaire dans le PTET.
Direction
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Coordination éditoriale
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Rédaction
Basile Moratille
Conception Web
Soufian Ajlani
Photo
Unsplash, Wikimedia Commons, Immigrant Québec
Édité par
Immigrant Québec
115 rue Prince-Arthur Est
Montréal H2X 1B5
(Québec) Canada
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Les conséquences de la baisse récente de l’immigration commencent à être visibles sur la croissance démographique des régions du Québec. C’est ce que révèlent les nouvelles Fiches démographiques 2025, publiées le 14 janvier 2026 par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Celles-ci montrent que, sans l’apport migratoire, plusieurs territoires entrent désormais dans une phase de stagnation, voire de déclin.
Les fiches démographiques 2025 de l’ISQ mettent en lumière un constat clair : le ralentissement de l’immigration, observé depuis 2024, a un impact direct sur l’évolution démographique des régions québécoises.
Dans un contexte de faible fécondité et de vieillissement accéléré de la population, l’immigration demeure le principal moteur de croissance pour une majorité de territoires. Or, la diminution des arrivées de personnes immigrantes, de même que le départ de personnes déjà installées, fragilisent cet équilibre.
La mobilité interrégionale continue de redistribuer la population à l’intérieur du Québec, mais son effet demeure limité face à l’abaissement général de l’immigration. Les gains observés dans certaines régions grâce aux mobilités internes ne compensent, en effet, pas les pertes démographiques liées à la réduction des admissions internationales.
Ces tendances soulèvent des enjeux majeurs pour l’aménagement du territoire, les services publics et le marché du travail en région. Ces données rappellent que la réduction des seuils d’immigration a des effets importants dans les régions, où l’immigration demeure un levier central de vitalité démographique et économique.
IRCC a mis à jour sa page Rondes d’invitations dans l’Expérience internationale Canada (EIC) le 23 janvier 2026. Les pages par pays affichent désormais les dates de rondes, le quota et des compteurs d’invitations.
Les chiffres EIC (quotas, dates, invitations envoyées) évoluent : IRCC précise que les pages sont normalement mises à jour chaque vendredi.
On en sait plus, désormais, sur les caractéristiques des trois programmes de l’EIC, version 2026 (permis Vacances-Travail, Jeunes pro et Stage coop international).
Pour la France, par exemple (catégorie Vacances-Travail), IRCC a annoncé qu’une première ronde avait eu lieu au cours de la semaine du 19 janvier 2026. La page indique aussi un compteur d’invitations déjà envoyées (645 au moment de la mise à jour consultée), pour un quota 2026 de 5 661 places. Dans la catégorie Jeunes professionnels, 434 invitations ont été envoyées sur les 1 900 places disponibles. Et dans celle de Stage coop international, 954 invitations sont parties sur les 2 790 prévues cette année.
IRCC rappelle que les rondes se poursuivent jusqu’à épuisement des places ou jusqu’à la fin de la saison. Rappelons qu’une fois le profil soumis, une invitation peut arriver à tout moment après la date de la première ronde. Il est donc important de surveiller sa catégorie et son pays de façon régulière.
À l’unanimité, les élus de Montréal demandent une clause « grand-père » et des mesures transitoires pour les travailleurs immigrants touchés par la fin du PEQ.
Le 26 janvier 2026, le conseil municipal de Montréal adopte une déclaration réclamant une clause « grand-père » après la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
Les élus ont également demandé des mesures transitoires pour éviter que des personnes déjà établies, et notamment celles qui étaient admissibles au PEQ entre son gel, le 5 juin 2025, et son abolition, le 19 novembre 2025, aient à quitter le Québec.
Quant à la mairesse, Soraya Martinez Ferrada, elle évoque une « promesse brisée », puisque le PEQ servait à recruter des talents à l’étranger. Montréal souligne que le nouveau système de pointage proposé dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) désavantage Montréal et Laval.
La Communauté métropolitaine de Montréal a, pour sa part, appuyé la demande.
L’abolition du PEQ sans préavis ni clause de droits acquis pur les personnes qui étaient admissibles au programme entre son gel, le 5 juin 2025, et sa fin effective le 19 novembre 2025 continue de générer de fortes turbulences dans plusieurs milieux de travail, partout au Québec, et notamment dans le secteur de l’enseignement, en services de garde, et jusque dans les épiceries,
Au 30 janvier 2026, la dernière ronde d’invitations dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés remonte toujours au 4 décembre 2025, quand bien même le ministre Roberge avait, à cette occasion, promis l’instauration de rondes mensuelles.
Le Canada élargit l’accès à une voie de résidence temporaire pour les familles ukrainiennes, afin d’accélérer la réunification avec leurs proches déjà établis sur le territoire canadien.
Dans un avis du 16 janvier 2026, le gouvernement du Canada a annoncé l’aménagement d’une voie vers la résidence temporaire destinée aux personnes ukrainiennes ayant de la famille au Canada.
En quoi consiste la mesure ?
Les personnes qui ont soumis une demande dans le cadre de la voie d’accès à la résidence permanente à l’intention des ressortissants ukrainiens ayant des membres de la famille au Canada (ou qui ont été incluses dans une telle demande) peuvent prolonger leur séjour au Canada en attendant qu’une décision soit rendue sur leur demande de résidence permanente — même si elles n’ont pas encore reçu leur accusé de réception de la part d’IRCC.
Ces personnes pourront ainsi présenter, depuis le Canada, leur demande de permis de travail, de permis d’études, ou encore la prolongation/le rétablissement de leur statut de résident temporaire.
Les dernières données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada révèlent une baisse 52 % du nombre d’étudiants et de travailleurs étrangers temporaires entre janvier et novembre 2025 par rapport à la même période en 2024.
Dans le détail, on dénombre :
En novembre 2025, on a ainsi enregistré le plus faible nombre d’entrées depuis au moins novembre 2023 (13 365 titulaires de permis de travail temporaire et 2 485 de permis d’études).
Rappelons que certaines personnes ne sont pas comptabilisées dans ce calcul, en particulier :
Le 1er janvier 2026 a apporté plusieurs ajustements qui touchent directement le budget des ménages du Québec, en particulier celui des personnes immigrantes.
Permis de conduire, frais journaliers en garderie subventionnée, grille tarifaire du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI)… C’est l’autre tradition du 1er janvier — celle de la hausse du coût de certains services.
Côté immigration, le MIFI a revu à la hausse l’ensemble de son offre de service, des demandes de sélection temporaire comme permanente, mais aussi l’évaluation comparative des études réalisées hors du Québec, par exemple. La grille fédérale sera elle aussi révisée cette année, au printemps.
La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a elle aussi revu ces frais : un conducteur sans point d’inaptitude paie 50,23 $ CAN pour renouveler son permis (catégories 1 à 5). Quant aux familles avec jeunes enfants qui ont la chance de fréquenter un service de garde subventionné, la contribution journalière passe de 9,35 $ CAN à 9,65 $ CAN par enfant.
D’autres hausses sont attendues au cours de l’année, dont certaines sont déjà connues — comme les taux d’imposition 2026 et la hausse annuelle du salaire minimum au Québec.
La Municipalité régionale de comté (MRC) Les Moulins a présenté « Regard sur l’autre, quand nos histoires se racontent », un projet issu d’activités menées dans trois écoles de Lanaudière au cours de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles, qui s’est déroulée du 3 au 9 novembre 2025.
La MRC a demandé aux élèves : « Si tu pouvais envoyer un message aux autres jeunes qui arrivent ici, qu’aimerais-tu leur dire ? ». Plusieurs témoignages ont été recueillis après le visionnement du film documentaire Bagages, qui porte justement sur les réalités de l’immigration vécue par les jeunes à travers leurs histoires, avant d’être montés dans une vidéo.
Des écoliers interrogés y partagent leurs défis et leurs espoirs, et livrent un message aux nouveaux arrivants, afin d’ouvrir un espace d’écoute et de dialogue en milieu scolaire et rappeler le rôle du français comme levier de rassemblement et d’intégration.
L’initiative est réalisée avec AMINATE, et soutenue par le programme Accueillir en français (FQM et gouvernement du Québec), avec la participation de partenaires locaux, dont le Centre L’Avenir, le CJE des Moulins et l’école secondaire Le Havre.
Le gouvernement a dévoilé les lauréats 2025 du prix « Pour un Québec sans racisme ». Quatre catégories sont reconnues. L’édition 2026 est ouverte jusqu’au 10 avril 2026, avec une médaille pour les lauréats et une bourse de 5 000 $ pour « Personne » et « Organisme ».
Les prix Pour un Québec sans racisme mettent en lumière des actions concrètes contre le racisme et les préjugés, et en faveur du respect et du vivre-ensemble.
Cette année, les candidatures (personne, organisme, entreprise, organisation publique) doivent être déposées au plus tard le 10 avril 2026. Les dossiers seront évalués notamment sur la qualité, l’originalité et l’impact des réalisations.
En 2025, les prix avaient récompensé :
Le gouvernement du Québec annonce le retrait de la couronne britannique des armoiries officielles. Le changement se fera par décret et entraînera la mise à jour de certains supports (dont des éléments liés au lieutenant-gouverneur).
Dans un communiqué du 23 janvier 2026, Québec a confirmé que la couronne britannique ne figurera plus au sommet de ses armoiries officielles.
La décision, annoncée par Simon Jolin-Barrette et Jean-François Roberge, doit être mise en œuvre par décret et s’inscrit dans une volonté de retirer des références monarchiques des symboles de l’État. Des modèles de correspondance officielle seront ajustés, tout comme des éléments associés au lieutenant-gouverneur (bannière, médailles).
Aucune modification n’est prévue pour les immeubles ou le mobilier gouvernemental, invoquant la préservation du patrimoine.
Dans un communiqué du 22 janvier 2026, le gouvernement du Québec hausse le salaire horaire minimum général de 0,50 $ CAN.
Le montant passera ainsi à 16,60 $ CAN l’heure, à compter du 1er mai 2026. Le ministère du Travail dit viser un équilibre entre pouvoir d’achat des travailleurs et compétitivité des entreprises. Dans son annonce, il précise avoir retenu un taux de +3,11 %, aligné sur la croissance prévue du salaire horaire moyen au Québec.
Depuis mai 2018, le salaire minimum serait passé de 12,00 $ CAN à 16,60 $ CAN (+4,60 $ CAN, soit +38,33 %), une progression présentée comme supérieure à l’inflation sur la même période.
Un projet de règlement de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), publié à la Gazette officielle du Québec du 14 janvier 2026, propose de fixer des exigences minimales d’hygiène et de sécurité pour les logements fournis par les employeurs.
Le projet vise tous les locaux d’hébergement mis à disposition par un employeur, avec des règles sur l’aménagement, les chambres, les installations sanitaires et les aires communes.
Les personnes relevant du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) du Volet agricole du Programme des travailleurs étrangers temporaires sont particulièrement concernées.
La CNESST estime des coûts d’implantation d’environ 61,2 M$ la première année et 18,8 M$ par an ensuite. Les milieux de travail ont 45 jours pour faire connaître leurs commentaires.
Le projet de règlement interroge, entre autres :
Le 26 janvier 2026, IRCC a mis à jour sa page « Permis d’études — Preuve de ressources financières », qui rappelle notamment les documents admis au titre de preuves acceptées, et précise les montants de frais de subsistance en vigueur depuis le 1er septembre 2025 pour les étudiants hors Québec.
La page de service d’IRCC sur la preuve de ressources financières pour un permis d’études a été mise à jour. Elle récapitule les documents pouvant servir à démontrer la capacité financière et affiche les montants de frais de subsistance (hors frais de scolarité et de transport) à prévoir pour les demandes présentées à partir du 1er septembre 2025, à l’extérieur du Québec : 22 895 $ pour une personne, avec des montants plus élevés selon le nombre de personnes qui accompagnent l’étudiant.
Pour les étudiants inscrits dans un établissement au Québec, IRCC renvoie aux exigences financières du MIFI dans le cadre d’une sélection temporaire pour études.
Des exigences qui, on le rappelle, ont connu une forte majoration pour toutes les demandes présentées depuis le 1er janvier 2026. Il est désormais demandé à un étudiant seul de démontrer disposer de la somme de 24 617 $ CAN, soit un montant supérieur à celui demandé dans les autres provinces et territoires canadiens.
Dans un communiqué publié le 26 janvier 2026, à l’occasion de la Journée internationale de la douane 2026, l’ASFC diffuse des indicateurs 2025 sur l’application de la loi et l’intégrité frontalière. On y retrouve notamment des données sur les renvois et le filtrage des demandes d’asile.
L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a rendu public un bilan chiffré de ses activités en 2025.
Elle indique notamment avoir :
À noter que le communiqué, daté du 26 janvier 2025, a bel et bien été publié le 26 janvier 2026.
Pour la quatrième année consécutive, le gouvernement fédéral a dépassé son objectif d’immigration francophone hors Québec en 2025, atteignant près de 8,9 % des admissions et annonçant des mesures pour soutenir encore plus l’arrivée de francophones en 2026.
Le 19 janvier 2026, la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC), Lena Metlege Diab, a annoncé que le Canada a dépassé sa cible d’immigration francophone hors Québec pour l’année 2025, fixée à 8,5 % des admissions de résidents permanents. Avec environ 29 500 nouveaux résidents permanents d’expression française hors Québec, le taux atteint environ 8,9 %.
Dans le cadre de son Plan des niveaux d’immigration 2026-2028, le Canada poursuit sa démarche en augmentant graduellement les cibles d’immigration francophone hors Québec : 9 % en 2026, 9,5 % en 2027 et 10,5 % en 2028.
De plus, le gouvernement fédéral réservera 5 000 places fédérales supplémentaires en 2026 pour permettre aux provinces et territoires de désigner davantage de candidats francophones via leurs programmes d’immigration.
L’immigration francophone est présentée comme un levier essentiel pour répondre aux besoins de main-d’œuvre, soutenir l’économie, renforcer la vitalité culturelle des communautés minoritaires et assurer le rayonnement de la langue française à travers le pays.
Les effets des mesures d’abaissement de l’immigration, notamment temporaire, ne sont pas observés qu’au Québec. À Banff et dans toute la vallée de la Bow, de nombreuses entreprises craignent de voir partir leur main-d’œuvre étrangère dans les prochains mois.
Des personnes immigrantes formées, intégrées et qui ont envie de rester, en dépit de conditions d’hébergement difficiles et d’un coût de la vie élevé — mais potentiellement contraintes de quitter prochainement leur emploi et le territoire, faute d’options… Une histoire que l’on ne connaît que trop bien au Québec (voir aussi, ou encore, et même dans le secteur de la santé) — mais pas seulement.
En Alberta, plusieurs acteurs économiques locaux s’inquiètent de l’avenir de ces personnes — et de celui de leurs entreprises, faute, pour eux aussi, d’options pour recruter localement.
Selon les données d’IRCC, pas moins de 1,5 million de permis de travail ont expiré en 2025, et on en attend presque autant en 2026 — pour seulement 380 000 admissions à la résidence permanente.
Dans un secteur du tourisme particulièrement touché, dans une municipalité de 10 000 habitants qui accueille chaque année 4 millions de touristes, on s’organise pour trouver des réponses — la première étant… le programme Mobilité francophone (hors Québec).