PSTQ : Une transition toujours difficile entre un statut temporaire et la résidence permanente

Près de trois mois après l’inauguration du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), les chiffres révèlent un taux particulièrement bas d’invitations des candidats à présenter une demande formelle de sélection permanente.
Selon les données de Radio-Canada, sur les 68 603 personnes qui ont envoyé leur demande d’intérêt sur Arrima depuis le mois de juillet, seules un peu plus de 1 000 personnes ont reçu une invitation à déposer leur demande de résidence permanente, soit 1,5 %.

Le 2 juillet 2025, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) avait annoncé le lancement des invitations pour le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Les premières invitations ont été envoyées mi-juillet et se sont poursuivies au courant de l’été, visant l’un ou l’autre des quatre volets que compte le programme :

  • Volet 1 — Haute qualification et compétences spécialisées : 216 invitations le 17 juillet, puis 227 le 28 août ;
  • Volet 2 — Compétences intermédiaires et manuelles : 273 invitations le 31 juillet ;
  • Volet 3 — Professions réglementées : 275 le 14 août ;
  • Volet 4 — Talents d’exception : 22 le 17 juillet, puis 4 le 28 août.
Aux conditions d’admissibilité fixes pour chacun de ces volets (diplôme, niveau d’études, âge, région de résidence ou encore niveau de français, pour n’en citer que quelques-uns), on a aussi observé l’ajout de conditions supplémentaires liées à la résidence actuelle au Québec, à la possession d’un diplôme du Québec, ou encore à un score particulièrement élevé aux termes de la nouvelle grille de pointage du programme. Le MIFI avait certes indiqué son intention de prioriser les personnes en emploi ou les diplômés résidant déjà au Québec.

Une immigration qui reste à planifier

Il semble bien que le PSTQ fasse durer son tour de chauffe, en attendant qu’aboutissent les consultations publiques pour la planification pluriannuelle de l’immigration (2026-2029), et qu’il ne dispose d’une ligne claire et des objectifs chiffrés en matière d’admission de nouveaux résidents permanents.

Or, ces consultations, qui devaient initialement débuter le 16 septembre 2025, ont finalement été reportées au mois d’octobre… De quoi retarder d’autant un aperçu plus concluant du plein potentiel du PSTQ.

Rappelons qu’en l’absence des deux volets du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), gelés jusqu’au 30 novembre 2025 au moins, le PSTQ constitue actuellement la seule voie vers l’immigration permanente au Québec.

Selon ses propres scénarios de planification, le gouvernement envisage de réduire l’immigration permanente de 25 000 à 45 000 personnes admises par an d’ici à 2029 (y compris les réfugiés, les demandes de parrainage).

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Marine Caleb

Journaliste indépendante, Marine Caleb vit entre Marseille et Tripoli au Liban. Elle se spécialise dans la migration et les droits des femmes et écrit pour divers médias canadiens, français et du Swana. Ayant vécu de nombreuses années au Québec, elle dirige le magazine des journalistes du Québec, Le Trente.
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