Tiguidou, le balado qui vous donnera le goût d’aller vivre à Amos-Harricana

Photos : Mathieu Dupuis

Tiguidou est un nouveau balado de huit épisodes empreints d’humanité, où des personnes immigrantes partagent leur expérience d’intégration à Amos-Harricana. Réalisée localement dans le cadre de la démarche Défi RH, la série met de l’avant des récits authentiques, animés par Félix Balla Médawar et Janick Paquin, eux-mêmes établis dans la région. Sonia Tardif, directrice générale du Centre local de développement Abitibi nous en dit plus sur le projet.

Immigrant Québec (IQ) : Qu’est-ce qui vous a amenés à la création récente de Tiguidou, le balado ?

Sonia Tardif (ST) : Nous avions une entente avec le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (le MIFI), et nous cherchions des outils pour améliorer l’attractivité de notre territoire. L’idée était de mettre en perspective des intégrations réussies sur notre territoire, afin d’encourager les gens à venir vivre sur le territoire d’Amos-Harricana, d’y travailler et de s’y installer durablement.

IQ : À travers ces histoires, qu’est-ce que l’on découvre d’Amos-Harricana en tant que milieu d’accueil ?

ST : Elles révèlent que, même si notre milieu peut sembler isolé vu de Montréal, nous sommes en réalité très bien entourés. Les témoignages de ces personnes mettent aussi en évidence la qualité de vie ici, qui englobe la possibilité de faire des activités, d’avoir diverses occupations, voire de se sentir peut-être plus en sécurité.

Nous avons aussi demandé aux personnes immigrantes que nous avons interrogées pourquoi elles étaient venues s’installer ici. Souvent, c’est le travail qui les a amenées, ou encore le besoin d’aventure, l’envie de découvrir de nouvelles choses. Mais ce qu’elles nous disent surtout, et qu’il est important de retenir, c’est qu’elles sont contentes d’être ici, qu’elles ont vraiment développé leur réseau, qu’elles ont été capables de s’adapter et de vivre leur vie.

Donc, peu importe où l’on décide d’aller en Abitibi-Témiscamingue, c’est un bel endroit où construire son projet de vie.

IQ : Finalement à qui s’adresse plus particulièrement ce balado ?

ST : Pour la population, l’objectif est de créer un sentiment de fierté : celui d’accueillir des personnes immigrantes sur notre territoire et de voir qu’il y a des gens qui ont trouvé leur place ici, qui ont une réelle importance chez nous.

Mais principalement — surtout avec la campagne que nous lançons cette semaine — l’objectif est d’être attractifs à l’extérieur de la région, et d’inviter de nouveaux arrivants à venir s’installer chez nous.

Les personnes que nous interpellons avec ce projet, ce sont les nouveaux arrivants. Nous avons choisi de mettre en lumière des personnes qui sont établies sur le territoire d’Amos-Harricana depuis déjà un certain temps. Si pour certains, l’installation est plus récente, un an ou deux, nous sommes surtout allés chercher des gens qui sont ici depuis plus de cinq ans.

Évidemment, même si nous nous adressons aux personnes immigrantes, le message peut aussi rejoindre des gens du Québec, qui pourraient être intéressés à venir s’installer dans Amos-Harricana ou qui auraient le goût de venir explorer la région.

IQ : Est-ce que la région véhicule encore des mythes que vous aimeriez déconstruire ?

ST : Oui et cela fait longtemps que nous essayons de les déconstruire, même si ce n’est pas toujours évident. Le mythe le plus répandu, c’est l’idée que nous sommes loin de tout. Alors que paradoxalement, ici, nous sommes aussi très près de tout, justement parce que c’est un milieu à échelle humaine. Écoles, épiceries, services, la région s’est énormément développée. Dans les écoles, nous offrons des services comparables à ceux des grands centres.

Pour le sport aussi, il y a cette idée qu’en région, on ne peut pas vraiment progresser ou s’améliorer. Pourtant, nous avons un accès sport-études très bien développé. Souvent, ailleurs, les jeunes doivent changer de ville pour pratiquer leur sport à un certain niveau. Ici, ils peuvent rester en région, continuer de s’entraîner, et évoluer. Même au hockey, quand les jeunes deviennent un peu plus élites, ils peuvent poursuivre leur parcours sans nécessairement quitter la région.

Il y a aussi le mythe de l’isolement. Oui, aller à Montréal, c’est environ sept heures de route, mais c’est tout à fait faisable. Ce n’est pas inhabituel, ici. Et aujourd’hui, avec les réseaux, tout est accessible : les achats, les services, les communications. Nous pouvons parler à notre famille même si elle est à l’extérieur du pays, les voir, échanger facilement. Il y a dix ans, ce n’était pas comme ça. Aujourd’hui, la proximité existe autrement, mais elle est bien réelle.

Nous parlons beaucoup de la nature, et c’est vrai que c’est un immense avantage. Ici, cinq minutes après le travail, nous pouvons être sur l’eau en canot ou en train de profiter du plein air. Il arrive qu’à la vue de ces images-là, les gens se demandent : est-ce qu’il y a des écoles, des épiceries, du transport en commun ? Oui nous avons tout cela même si vivre ici implique souvent d’avoir un permis de conduire et une voiture, surtout pour le travail.

Et puis, il y a la question du froid. Est-ce qu’il fait plus froid qu’ailleurs ? Oui… et non. Il peut faire très froid, comme cette semaine avec du -25º, -30º, parfois -35º. Mais c’est un froid très sec. Un -35º ici peut être plus confortable qu’un -25º à Montréal, où l’humidité rend le froid beaucoup plus pénétrant. Il suffit d’être bien habillé — de bonnes bottes, de bonnes mitaines, un bon manteau, une tuque — pour très bien s’en sortir !

IQ : En résumé que diriez-vous pour inviter les gens à venir s’installer ici ?

ST : Nous ne sommes peut-être pas les mieux placés pour répondre à cette question (rires)… Nos meilleurs ambassadeurs sont justement les personnes qui vivent ici sans être d’ici : Danica, Flora, Baudelaire, Maryangel, Rose Lore, Saloua et Karim… Chaque parcours de vie est inspirant, de même que chaque regard extérieur porté sur notre territoire. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de développer le balado Tiguidou.

Nous sommes profondément engagés à soutenir et à encourager la nouvelle génération dans son développement. Ce sont autant de valeurs ajoutées qui nous définissent. Nous cherchons, avant tout, à être accueillants, chaleureux et authentiques.

C’est, à mon sens, ce qui distingue notre communauté et la fait rayonner à travers les régions. Nous vous invitons d’ailleurs à découvrir par vous-même tous les trésors que notre territoire a à offrir !

Image de Amos-Harricana

Amos-Harricana

Amos-Harricana : 15 municipalités, une eau pure, une forêt qui respire. Ici, la famille passe d’abord, et l’accueil des nouveaux arrivants se vit en vrai. Avec la communauté de Pikogan, traditions et modernité se côtoient. Diversité, inclusion, entraide : on se serre les coudes. Ici naissent les forces vives.
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