Les enjeux de l’immigration à l’adolescence

Cécile Rousseau est pédopsychiatre et professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université McGill. Elle travaille avec les enfants immigrants et réfugiés de certains quartiers pluriethniques de Montréal. Elle est également directrice de l’équipe de recherche et d’intervention transculturelle (ERIT).

Comment définiriez-vous le concept d’identité ?

L’adolescence, c’est le moment où l’on développe son identité. En donner une définition est extrêmement complexe. Parce qu’il y en a la version simpliste et essentialiste « je suis québécois », « je suis ougandais » ou « je suis latino » « je suis black ». Il y a une conception beaucoup plus poussée qui veut que l’identité ne soit plus seulement consciente, mais qu’elle puisse être relationnelle, comportementale, ce qui aboutit à la question. Est-ce que je suis celle que je dis être ?

Quels sont les enjeux de l’immigration chez un adolescent ?

L’immigration à l’adolescence est considérée comme une des périodes les plus à risques, avec celle de la vieillesse. Les adolescents passent au travers de nombreux changements, qu’ils soient physiques ou environnementaux. Faire face à une transformation totale à la fois interne et externe peut être vécue comme insupportable. Souvent, l’adolescent va poser un moratoire sur ces transformations, un peu comme s’il allait geler leur développement. Parce que justement, c’est trop de tâches à gérer pour lui en même temps.

Comment la société d’accueil peut-elle aider ces jeunes ?

Il faut que le modèle éducatif soit le plus ouvert possible.

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Basile Moratille

Directeur des contenus et des publications, Immigrant Québec.
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