Réouverture du PEQ : rendez-vous est pris

C’est au cours d’une conférence de presse, le 10 juin 2026, que le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, François Bonnardel, a présenté le calendrier et les modalités de relance du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui sera effective à partir du 2 juillet 2026 — mais selon des modalités de fonctionnement particulières, à la fois ciblées et progressives.

Le gouvernement du Québec s’y était engagé. La « réouverture du PEQ pour une période temporaire de deux ans », formule certes galvaudée et qui aura un temps laissé espérer un retour temporaire, mais complet du programme, empruntera finalement les chemins de campagne.

Non, le PEQ n’a pas été pleinement « ressuscité », comme beaucoup l’espéraient.

Oui, sa réouverture ciblée arrive trop tard pour un grand nombre des personnes qui étaient admissibles au programme depuis son abolition le 19 novembre 2025.

Mais, pour d’autres, étudiants diplômés du Québec, travailleurs étrangers temporaires et familles accompagnantes, cette réactivation partielle du PEQ demeure une chance à saisir.

Qui sont les personnes admissibles à la première période de réception des demandes ?

Depuis qu’est évoquée la possibilité de réactiver le PEQ, il est d’abord question de trouver une réponse pour les personnes qui étaient admissibles au programme au moment de son abolition, et qui se sont retrouvées démunies faute d’avoir pu présenter leur demande avant, puisque les deux volets du PEQ étaient alors gelés depuis des mois.

C’est donc à ces personnes en priorité que s’adresse le nouveau PEQ — du moins la première période de réception des demandes, qui sera ouverte du 2 juillet 2026 au 31 octobre 2026.

De fait, seules les personnes qui étaient admissibles le 19 novembre 2025 (et qui remplissent les autres conditions exigées par le gouvernement) pourront envoyer leur demande de sélection permanente.

Les trousses de documents seront, quant à elles, disponibles dès le 17 juin 2026.

Le gouvernement rappelle que les demandeurs devront impérativement utiliser les formulaires de ces trousses, et non ceux de l’ancien PEQ au’ils pourraient encore avoir en leur possession.

Cette première période pourra être suivie d’autres, selon des dispositions qui restent encore à définir, et qui pourront varier selon sa popularité.

L’admissibilité « au 19 novembre 2025 », pas suffisante en soi

Justement, ces conditions, quelles sont-elles ?

Les deux volets « Diplômés du Québec » et « Travailleurs étrangers temporaires » sont finalement concernés, selon des critères identiques à ceux qui étaient exigés des candidats avant l’abolition du programme, le 19 novembre 2025.

Les conditions selon le volet duquel on relève sont assez clairement posées dans un document récapitulatif, mis à disposition par le MIFI en marge de l’annonce, et elles se scindent en deux catégories :

  • Celles qui seront évaluées selon la situation du demandeur au 19 novembre 2025, liées à l’obtention du diplôme reconnu ou à l’expérience de travail requise.
  • Celles qui seront établies en marge de la présentation de la demande, en particulier les conditions de résidence au Québec, de même que, dans le volet Travailleurs, celle d’occuper un emploi de catégorie FÉER 0, 1, 2 ou 3 de la Classification nationale des professions… au moment de présenter sa demande.

Rappelons que l’admissibilité au PEQ est d’abord conditionnée à deux ans de travail qualifié à temps plein ou de l’obtention d’un diplôme admissible, au terme d’un programme d’études lui aussi à temps plein, dans un établissement désigné. Le PEQ n’était pas une « voie rapide » vers la résidence permanente, comme il est encore parfois présenté. Il était une voie prévisible vers la sélection permanente par le Québec.

Or, ces conditions de résidence et possiblement d’emploi risquent d’affecter un nombre important des personnes qui auraient pu appliquer à compter du 2 juillet, faute d’occuper un emploi ou simplement de pouvoir encore résider au Québec. Le ministre Bonnardel ne leur ferme pas totalement la porte – du moins pas à celles qui peuvent revenir au Québec. Mais il a rappelé, durant la période de questions de la presse, que le critère de résidence (ou d’emploi… au Québec) au moment de la demande sera bel et bien maintenu.

Qu’en sera-t-il du PSTQ ?

Le PEQ ne se substituera pas à la voie régulière de l’immigration permanente, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), mais vivra en parallèle.

Quelques subtilités sont toutefois attendues durant la période de réception des demandes dans le PEQ :

  • On notera une réduction du nombre d’invitations dans le PSTQ ;
  • Les invitations envoyées dans le PSTQ viseront en priorité les personnes qui ne se qualifient pas au nouveau PEQ, faute d’occuper un emploi suffisamment qualifié (catégories FÉER 4 et 5), soit parce qu’elles ne complétaient pas, au 19 novembre 2025, les deux années requises en emploi à temps plein.

Les dates à retenir

17 juin 2026 : Mise à disposition des trousses de demandes

2 juillet 2026 : Début de la période de dépôt des demandes

31 octobre 2026 : Fin de la période de dépôt

Photo : Hrant Khachatryan

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Basile Moratille

Directeur des contenus et des publications, Immigrant Québec.
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