Critères et pointage du PSTQ : Comment s’y retrouver ?

Les invitations pour le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui a remplacé le Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ), sont lancées graduellement durant le mois de juillet 2025. Zoom sur les conditions à remplir et les nouveaux critères priorisés par le Québec.

Le fonctionnement du PSTQ est, sur le papier, assez similaire à celui de l’ancien Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ), qui est la première étape obligatoire au Québec vers l’obtention de la résidence permanente.

Le candidat commence par remplir gratuitement une déclaration d’intérêt sur la plateforme gouvernementale Arrima. Cette déclaration demeure valide pendant 12 mois, mais les personnes qui ont rempli leur déclaration avant le 29 novembre 2024 (date d’entrée en vigueur du PSTQ) doivent la mettre à jour.

Les déclarations d’intérêt qui sont reçues par le MIFI sont alors classées selon certains critères qui vont déterminer si oui ou non le candidat sera invité à présenter une demande formelle de sélection permanente.

Or, l’entrée en service du PSTQ a été marquée par l’introduction d’une nouvelle grille de critères (ou de pointage), qui va orienter l’invitation des candidats selon les priorités du gouvernement. C’est cette grille que nous examinons de plus près ici, afin de comprendre quels critères feront la différence.

L’expérience de travail au Québec et la connaissance du français valorisées

Le PSTQ s’adresse aux personnes de 18 ans ou plus qui ont les compétences pour exercer leur profession principale au Québec et qui ont les capacités financières de subvenir à leurs besoins, notamment. Les invitations du ministère cibleront d’abord les personnes déjà installées au Québec.

Celles-ci, de même que celles qui ne sont pas encore sur le territoire, doivent satisfaire les conditions de sélection générales et spécifiques du volet qui s’appliquent à leur profession, selon la Classification nationale des professions.

  • Volet 1 : la haute qualification et les compétences spécialisées (professions de catégories FEER 0, 1 et 2)
  • Volet 2 : les Compétences intermédiaires et manuelles (professions de catégories FEER, 3, 4 et 5)
  • Volet 3 : les professions réglementées
  • Volet 4 : les talents d’exception.

À noter que la connaissance du français est un critère significatif, puisqu’il s’agit d’une condition de sélection des volets 1, 2 et 3 du PSTQ.

Critères et pointage

Les profils des personnes qui ont déposé une déclaration d’intérêt sont alors classés selon le système de pointage en vigueur. Certains critères, comme ceux liés au capital humain, aux besoins du marché du travail du Québec, aux priorités gouvernementales et aux facteurs d’adaptation, font l’objet d’un pointage tandis que d’autres sont sans pointage, mais peuvent servir comme critère pour recevoir une invitation dans l’un des quatre volets du programme.

Naturellement, plus le pointage est élevé, plus les chances de recevoir une invitation sont grandes.

Mais un pointage a priori élevé n’est pas non plus la garantie de recevoir une invitation à présenter sa demande dans le délai de 12 mois que reste valable une déclaration d’intérêt. En effet, le nombre de personnes invitées — et donc potentiellement admissibles au Certificat de sélection du Québec — doit être cohérent avec les projections annuelles d’accueil de nouveaux immigrants permanents.

Le MIFI a indiqué qu’il ne communiquera le nombre de personnes invitées qu’au terme de chaque session d’invitation, et rien ne permet aujourd’hui de savoir comment seront réparties les invitations à l’intérieur de chacun des quatre volets.

Plus généralement, la nouvelle grille de critères s’articule autour de trois ensembles :

  • Le capital humain ;
  • Les besoins du marché du travail ;
  • Les facteurs d’adaptation.

Le capital humain

Un pointage maximal de 520 points est réparti dans ce premier ensemble assez général et non spécifique aux personnes ayant déjà une quelconque expérience au Québec. Sont évalués ici le niveau oral et écrit en français du candidat, le niveau de scolarité et la durée de l’expérience de travail (hors Québec) du demandeur et de son éventuel époux/conjoint de fait, ou encore l’âge.

Comme dans les autres sous-ensembles, il ne s’agit bien sûr pas de partir à la chasse à la totalité des points disponibles (c’est impossible).

Certains critères vont d’ailleurs permettre d’équilibrer (un peu) les candidatures : une personne jeune sera avantagée sur une autre plus âgée (la personne de 18 ans obtient 110 points tandis que celle qui a 44 ans en obtient 10) ; mais celle qui a une expérience de travail de longue durée obtiendra plus de points dans cette catégorie que celle qui n’en a que peu ou pas (70 points pour une expérience de quatre ans et plus, contre zéro pour une expérience de moins de 12 mois).

Besoins du marché du travail au Québec et priorités gouvernementales

Un total de 700 points sont répartis à l’intérieur ce groupe de critères, qui est aussi le plus développé.

Sont évaluées ici les expériences déjà validées au Québec (travail ou études), selon des critères de durée, mais aussi de localisation, puisque les expériences ou projets de vie en dehors de la Communauté métropolitaine de Montréal sont davantage valorisées. C’est notamment dans cet ensemble que les autorités vont pouvoir prioriser l’invitation des personnes déjà installées au Québec.

Pour les travailleurs, en plus du pointage réservé à la seule durée de leur expérience de travail au Québec, un diagnostic à moyen terme est réalisé pour déterminer l’importance du besoin de leur profession dans la province. Ce diagnostic peut ainsi amener à cumuler des points supplémentaires. Plus la profession est en demande, plus le pointage est important — à la condition que le candidat démontre une expérience en emploi à titre d’activité principale de 12 mois minimum. Un emploi sans expérience significative, même s’il est en demande, ne rapporte aucun point.
Pour les diplômés d’un établissement québécois, on note que les programmes de second et troisième cycles universitaires sont particulièrement valorisés. Un second cycle universitaire d’un an à temps plein (type DESS) rapporte 170 points, soit autant qu’un premier cycle universitaire de cinq ans ou plus à temps plein.

Un diplôme obtenu au Québec rapportera toujours plus de points qu’un diplôme équivalent obtenu hors Québec. Par exemple, un diplôme universitaire de premier cycle en 3 ou 4 ans à temps plein vaudra jusqu’à 104 points s’il est obtenu hors Québec, contre 160 points s’il l’est au Québec.

Enfin, si le candidat détient une autorisation d’exercer sa profession principale au Québec ou une formation ou un diplôme faisant l’objet d’une reconnaissance partielle ou complète délivrée par l’autorité de réglementation encadrant sa profession au Québec, il obtiendra davantage de points.

Facteurs d'adaptation

Dans cette catégorie, un maximum de 180 points est en jeu, qui ont essentiellement trait (mais pas exclusivement) à l’époux ou au conjoint accompagnant le demandeur principal.

Des critères classiques comme la connaissance du français de celui-ci, son âge, son niveau de scolarité et le diplôme qu’il a obtenu, ou encore la durée de son expérience de travail au Québec feront également varier le nombre de points.

Dans ce troisième sous-ensemble de critères, on retient également celui du « séjour d’études sans diplôme au Québec ». Ce critère permet aux étudiants soit qui ont terminé un programme d’études sans avoir obtenu de diplôme, soit à ceux qui suivent actuellement un programme d’études et qui n’ont, en toute logique, pas encore diplômé de prétendre tout de même à des points.

Le MIFI peut également inviter selon d’autres critères qui ne font pas l’objet d’un pointage, par exemple la profession principale, l’exercice d’une profession dans une organisation internationale non gouvernementale (OING) ou l’intention d’exercer une profession réglementée inscrite dans la liste des professions réglementées du ministère. 

Un outil d’autoévaluation sera bientôt disponible, mais les détails concernant le pointage sont déjà disponibles dans la Gazette officielle du Québec publiée le 2 juillet 2025, ainsi que dans un document récapitulatif complet mis à disposition par le MIFI.

Photo : Curated Lifestyle

Image de Marie-Anne Dayé

Marie-Anne Dayé

Journaliste indépendante, Marie-Anne Dayé s'intéresse notamment aux questions migratoires et aux enjeux sociaux. Bien qu'elle affectionne particulièrement le reportage écrit, elle aime aussi raconter des histoires et décortiquer des sujets par le biais de photos et de vidéos.
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