Le « Québec libre » : Petite histoire du séparatisme

Le séparatisme québécois, ou souverainisme, est un mouvement dont l’aspiration première et de voir le Québec devenir un État indépendant, séparé du reste du Canada. Le désir d’indépendance de certains Québécois ne date pas d’hier : il s’est développé au fil du temps autour des différences culturelles, linguistiques et historiques entre les Québécois francophones et la majorité anglophone du Canada.

Tout commence en 1760, quand les Britanniques prennent le contrôle de la Nouvelle-France. Même si le Québec passe sous domination anglaise, les Canadiens français gardent leur langue, leur religion (catholicisme) et leurs traditions. Une certaine distance se crée alors entre eux et le reste du pays. Au 19e siècle, des tensions politiques mènent à des rébellions, notamment celle des Patriotes (1837-1838), qui veulent plus d’autonomie. Ces mouvements échouent, mais ils marquent le début d’une volonté des Québécois de se faire entendre en tant que peuple distinct.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Québec connaît de grands changements sociaux et culturels, à partir des années 1960 : c’est la Révolution tranquille. Le gouvernement provincial prend en charge plusieurs domaines importants, comme l’éducation et la santé, et les Québécois commencent à parler plus ouvertement d’indépendance. En 1968, René Lévesque fonde le Parti québécois (PQ), qui souhaite faire du Québec un pays, mais de façon pacifique et démocratique. En 1976, le PQ remporte les élections provinciales, une grande victoire pour les souverainistes

Deux référendums, deux refus

En 1980, le Parti québécois organise un premier référendum pour demander aux Québécois s’ils veulent que le Québec devienne souverain, tout en gardant un lien avec le Canada : environ 60 % des électeurs répondent « non ». En 1995, un deuxième référendum est organisé, cette fois sur une vraie séparation du Canada. La campagne est très serrée et passionnée. Le camp du « non » gagne encore, mais de justesse : 50,6 % contre 49,4 %. C’est un moment fort de l’histoire du Québec.

Depuis ce deuxième référendum, l’idée d’indépendance est moins présente dans la politique québécoise. D’autres enjeux, comme l’économie, l’environnement et la question de l’immigration, sont devenus plus importants. Le PQ a perdu de l’influence, et de nouveaux partis ont pris de défendre les intérêts du Québec, sans pour autant vouloir l’indépendance.

De l’écho dans le reste du pays

La volonté d’indépendance trouve aussi de l’écho dans d’autres provinces du Canada. En Alberta, par exemple, des manifestations ont eu lieu cette année en ce sens. Les Albertains, plutôt conservateurs, ont été déçus de l’élection du libéral Mark Carney à la tête du pays, en avril 2025. Le parti libéral ne soutient pas assez à leur sens les secteurs gaziers et pétroliers, moteurs de l’économie albertaine. 36 % des habitants de la province seraient en effet favorables à une sortie de l’Alberta du Canada.

Au Québec, si l’idée de faire de la province un pays est moins populaire aujourd’hui qu’elle ne l’était dans les années 1980-1990, elle fait toujours partie de l’identité des Québécois et continue d’alimenter les discussions sur l’avenir de la province. Aujourd’hui, près de la moitié des 18-34 ans appuieraient d’ailleurs la souveraineté… Un débat qui n’est donc pas encore clos.

Photo : Brina Blum

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Marie Pâris

Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille (France) et formée en journalisme international à l'Université Laval à Québec, Marie est installée à Montréal depuis 2013. Elle spécialise notamment dans la culture, la gastronomie et les questions de société. En plus de travailler sur des sujets transatlantiques pour Immigrant Québec, elle écrit pour plusieurs médias à l'étranger et au Québec (Tastet, Le Devoir, Revue JEU...)
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