Quatre expériences d’apprentissage du français et d’intégration au Québec

Il faut du courage pour quitter son pays et se lancer dans l’inconnu. Et ce n’est pas ce dont manquent Aïcha, Rameen, Jackson et Mikayel, dont les parcours sont marqués par une détermination à toute épreuve et une capacité d’adaptation exemplaire, malgré les nombreux défis qu’ils ont dû affronter. Ne parlant pas français à leur arrivée au Québec, ils sont venus y trouver un cadre de vie plus sécuritaire et un avenir prometteur.

Immigrant Québec : Si nous commencions par une brève présentation. Dites-nous pourquoi avoir choisi le Canada pour votre projet d’immigration ?

Rameen Hassanzada : Je viens d’Afghanistan. Une partie de ma famille, dont ma sœur, mon oncle et mon grand-oncle vivent à Montréal. Je cherchais un environnement plus sécuritaire pour étudier et travailler. Ma famille m’encourageait fortement à venir ici, convaincue que le Canada offrirait de meilleures opportunités. Je parle plusieurs langues comme le dari, le persan, l’ourdou et l’hindi. Mais je ne parlais pas le français.
Aïcha Hassan Burale : De mon côté, je suis originaire de Somalie et je ne parlais pas le français. Ma langue maternelle est le somali. Comme Rameen, j’ai vu dans le Canada une chance d’un avenir meilleur. J’ai quitté mon pays pour fuir les conflits et l’instabilité économique. Je suis venue seule avec l’espoir de trouver ici un environnement plus stable et des opportunités pour réussir.
Jackson Bogecho Mayieko : Je suis arrivé au Québec du Kenya il y a trois ans, parrainé par ma femme. Mes enfants habitaient déjà à Montréal, car ils étaient venus étudier à l’université McGill et ils sont restés pour travailler. J’étais aussi en quête d’une meilleure stabilité économique et d’un accès aux soins de santé.

Mikayel Ansuryan : Arménien, je vivais en Russie. Je ne connaissais pas vraiment le Québec quand je suis arrivé en 2012. Un ami au même profil que moi, arrivé quelques années avant moi, m’avait recommandé de venir. Je me suis dit que c’est une bonne option pour assurer une sécurité, une stabilité et un bon avenir à mes deux enfants.

IQ : Comment avez-vous relevé les défis liés à l’apprentissage du français et à votre nouvelle vie ?

Aïcha : Je ne connaissais presque rien du Québec avant de venir ici. Le français est très difficile à apprendre, car très différent du somali. À mon arrivée, j’ai voulu travailler. J’avais beaucoup de difficultés à communiquer et je ne comprenais pas assez ce qu’on me disait. Je suis donc retournée à l’école pour étudier et apprendre vraiment la langue, car je n’envisageais pas de ne pas le parler. Désormais, je peux parler, le lire et l’écrire, ce qui me permet de chercher activement un emploi. Le soutien de mes professeurs au CARI St-Laurent a joué un rôle crucial dans mon apprentissage. Aujourd’hui, je considère vraiment mon expérience comme une véritable découverte.

Rameen : Pour moi, c’est un peu différent d’Aïcha, car j’avais une idée précise du Québec avant mon arrivée, grâce aux nombreuses vidéos envoyées par ma sœur qui vit à Montréal. Même si j’ai attendu longtemps avant de venir y vivre, j’aimais déjà le Canada, pourtant je ne l’avais jamais visité, pas même en vacances ! Ma première fois ici était le jour de mon arrivée en tant qu’immigrant. L’apprentissage du français n’était pas trop difficile non plus, car je parlais déjà plusieurs langues que j’ai mentionnées précédemment.

Grâce à l’engagement et au soutien du CARI St-Laurent, le français est devenu de plus en plus accessible au fil du temps et parler français est essentiel à mon intégration ! Je parle français ici, mais aussi à l’extérieur de l’école, en tout temps.

Mikayel : Je n’ai pas eu de surprise. J’ai trouvé un Québec tel que je l’imaginais. Après avoir voyagé dans plusieurs pays, surtout en Europe, je trouve que le Québec est très ouvert et accueillant. On ne se sent pas étranger ou immigrant. Tout le monde est comme moi, je me sens à l’aise. De mon côté, j’ai commencé à étudier le français au CARI St-Laurent en 2013, quelques mois après mon arrivée. Les cours de français ont été utiles non seulement pour étudier la langue, mais aussi pour l’intégration. On nous donnait beaucoup d’informations importantes et utiles pour les nouveaux arrivants.

IQ : L’organisme d’accueil semble avoir une grande importance dans votre cheminement d’intégration. Qu’avez-vous retiré de votre propre expérience au CARI St-Laurent ?

Jackson : C’est mon premier contact au Québec ! J’étais dans un collège au départ, mais ils m’ont envoyé au CARI St-Laurent pour apprendre le français et c’est comme ça que j’ai construit mon réseau. L’école est un milieu de vie, on se fait des amis, un réseau. On y fait la fête, on y parle. C’est un microcosme.

Les cours sont offerts par le gouvernement du Québec. Cela nous permet non seulement d’apprendre la langue, mais aussi de nous intégrer dans la société québécoise, de mieux la comprendre !

D’ailleurs à mon tour je suis bénévole ici aussi pour les cours d’anglais. C’est normal que je redonne à la société québécoise ce que j’ai reçu !

Rameen : Je pense la même chose. Je considère le CARI St-Laurent comme ma deuxième maison. On s’y sent bien. J’aime venir ici pour étudier le français, mais aussi pour voir les gens que je connais. J’aimerais ajouter que j’aime vraiment apprendre le français avec cet organisme, car c’est bien enseigné. D’ailleurs moi aussi je fais du bénévolat en accompagnant d’autres étudiants qui parlent l’ourdou et le persan et je les aide pour la traduction.
Aïcha : Oui, c’est ma référence, car les professeurs m’ont vraiment aidée à parler et à lire. Nous étions 13 dans la classe et nous apprenions à communiquer entre nous !
Mikayel : L’école était comme notre première famille au Québec. Il y avait aussi d’autres services disponibles sur place : recherche d’emploi, aide pour la déclaration des impôts, aide pour remplir des documents. Tout cela nous a aidés à nous installer assez rapidement. De plus, il est important pour un immigrant de savoir qu’il peut compter sur quelqu’un lorsqu’il a besoin d’accompagnement.

Photo : CARI St-Laurent

Image de CARI St-Laurent

CARI St-Laurent

Créé en 1989, le CARI St-Laurent est un organisme à but non lucratif, qui accueille et aide les immigrants et les accompagne dans leur intégration personnelle, sociale et professionnelle en adaptant ses services à leur vécu et à la société d’accueil.
Lire les autres articles de CARI St-Laurent

A lire également

X
Marie est là pour vous aider ×
Icône Chatbot