Personnes immigrantes :

Vos droits et responsabilités au travail

Démarches préalables

à retenir

▶ Un salarié peut déposer une plainte à la CNESST s’il croit que ses droits ou la loi ne sont pas respectés, s’il veut signaler un danger, contester un processus ou une décision, ou dénoncer une fraude en indemnisation. Les plaintes peuvent concerner les normes du travail, l’équité salariale ou la santé et sécurité au travail.

▶ Il est important de vérifier que la situation litigieuse constitue un motif de plainte. Il est aussi conseillé de rassembler tous les renseignements et documents pertinents, tenter de résoudre le problème avec l’employeur si possible, et respecter les délais prévus par la loi selon le type de plainte

▶ Les processus et les délais prévus par la loi varient d’un motif de plainte à l’autre. En cas de doute, un accompagnement juridique ou syndical est recommandé.

Sommaire

Déterminer si sa situation justifie une plainte

Plusieurs cas peuvent justifier le dépôt d’une plainte auprès de la CNESST. Avant de se lancer dans ce processus, il est important de commencer par s’assurer que la situation vécue justifie le dépôt d’une plainte.

Les salariés peuvent déposer une plainte s’ils :

  • Croient que leurs droits (ou que les lois que fait appliquer la CNESST) ne sont pas respectés dans leur milieu de travail ;
  • Veulent signaler une situation dangereuse en matière de santé et de sécurité ;
  • Souhaitent contester un processus contractuel ;
  • Sont insatisfaits des services rendus (ou non) par la CNESST ;
  • Désirent contester une assignation temporaire ou une décision de la CNESST.

Les plaintes peuvent être en lien notamment avec :

  • Les normes du travail (salaire impayé, heures supplémentaires impayées, congédiement sans raison valable, harcèlement psychologique ou sexuel, pratiques interdites, etc.) ;
  • L’équité salariale (travaux d’équité salariale non effectués ou effectués incorrectement, ajustements salariaux impayés, etc.) ;
  • La santé et la sécurité au travail (conséquences négatives de l’employeur (congédiement, suspension, représailles, etc.) après une lésion professionnelle, l’exercice d’un droit reconnu par la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) ou l’exercice d’un droit reconnu dans le Programme Pour une maternité sans danger, etc.

Fraude en indemnisation

La fraude en indemnisation est un comportement malhonnête de la part d’un travailleur ou d’un employeur en lien avec un dossier de la CNESST. Elle est liée à une réclamation en lien avec un accident du travail ou une maladie professionnelle.

Voici quelques exemples de fraudes en indemnisation :

  • Simulation ou fausse représentation de l’état de santé (faux certificats médicaux, rapports médicaux trompeurs, fausses factures ou autres documents frauduleux).
  • Continuer à travailler pendant l’arrêt de travail sans le déclarer à la CNESST et continuer de recevoir des indemnités.
  • Complicité entre employeur et travailleur pour permettre au travailleur de recevoir des indemnités auxquelles il n’a pas droit.

Avant de déposer une plainte à la CNESST

Tous les travailleurs ont le droit de déposer une plainte contre leur employeur ou contre la CNESST. Même si cette démarche peut sembler complexe, les outils en ligne de la CNESST permettent de bien se préparer.

Si l’employé croit que la situation justifie le dépôt d’une plainte, voici ce qu’il peut faire :

  • Noter tous les renseignements nécessaires avant de déposer la plainte, ce qui lui permettra d’en expliquer précisément l’objet ;
  • Préparer les documents à joindre dans le cas d’une plainte en normes du travail (bulletin de paye, horaire de travail ou détail des heures travaillées, relevé d’emploi ou relevé d’impôt, etc.) ;
  • Demander à rencontrer son employeur, si cela est possible, afin de clarifier la situation et tenter de régler le problème. Si cette démarche n’est pas concluante, il doit porter plainte.
  • Si cette démarche n’est pas concluante, il doit porter plainte, en s’assurant de respecter les délais prévus par la loi selon le motif de sa plainte.

Voici des exemples de questions qui sont posées dans le formulaire en ligne :

  • Que s’est-il passé ?
  • Êtes-vous une personne syndiquée, c’est-à-dire membre d’un syndicat (association qui encadre les conditions de travail qui découlent d’une convention collective) ?
  • Êtes-vous une personne représentée par un comité paritaire, c’est-à-dire qu’un décret encadre vos conditions de travail ?
  • Votre employeur a-t-il une adresse au Québec ?
  • Étiez-vous membre d’un comité de santé et sécurité du travail au sein de votre entreprise ?

Le service en ligne ne sert pas à :

  • Connaître le montant des indemnités que l’employé peut recevoir de son employeur,
  • S’assurer hors de tout doute que sa plainte sera acceptée et traitée par la CNESST,
  • Garantir qu’une décision favorable sera rendue par la CNESST.

Le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS), qui fait partie du PTET, repose sur des ententes bilatérales entre le Canada et certains pays :

Anguilla • Antigua-et-Barbuda • Barbade • Dominique • Grenade • Jamaïque • Mexique
Montserrat • Saint-Kitts-et-Nevis • Sainte-Lucie • Saint-Vincen • Grenadines • Trinité-et-Tobago

Le volet agricole du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) est plus souple, sans accord spécifique, et permet le recrutement de travailleurs étrangers provenant de plusieurs autres pays. Même si les deux programmes sont semblables en apparence, certains caractères les distinguent :

Motif
de plainte

Délai pour porter plainte

Point de départ du délai

Source / Article(s) de loi

Salaire ou montant impayé (incluant heures supplémentaires, vacances, etc.)

1 an

Date où le montant aurait dû être versé

Loi sur les normes du travail (LNT), Art. 98 et Art. 99

Congédiement sans cause juste et suffisante (après 2 ans de service et plus)

45 jours

Date du congédiement

LNT, Art. 124

Pratique interdite (représailles, sanctions, etc.)

45 jours

Date de l’événement ou de la décision contestée

LNT, Art. 122 et Art. 123

Harcèlement psychologique ou sexuel

2 ans

Dernière manifestation du harcèlement

LNT, Art. 81.19, Art. 123.6 à 123.15

Disparité entre salariés dans les conditions de travail

1 an

Date de connaissance de la distinction

LNT, Art. 87.1 et suivants

Maintien du statut de personne salariée

« Délai raisonnable »

Date à laquelle l’employeur a modifié le statut du travailleur

LNT, Art. 86.1

Motif
de plainte

Délai pour porter plainte

Point de départ du délai

Source / Article(s) de loi

Exercice initial — Travaux non réalisés

En tout temps, quelle que soit la taille de l’entreprise

Dès l’expiration du délai prévu pour l’employeur

Exercice initial — Travaux non conformes à la loi

10-49 salariés : Affichage des résultats de l’évaluation

50-99 salariés : Si un comité d’équité salariale (CES) a été constitué, plainte impossible/ Sinon, dépôt entre le 90e jour et le 150e jour suivant l’affichage des résultats

+100 salariés : Dès lors qu’un CES (obligatoire) est constitué, plainte impossible

Variable selon les cas

Évaluation du maintien — Travaux non réalisés (plainte sur la dernière évaluation)

Date de la prochaine évaluation du maintien

À compter du nouvel affichage des résultats suite à la demande de correction

Évaluation du maintien — Travaux non conformes à la loi

Si l’évaluation a été réalisée par un CES : plainte impossible

Sinon : dépôt entre le 90e jour et le 150e jour suivant l’affichage des résultats

Variable selon les cas

Non-versement des ajustements salariaux

3 ans

À partir de la date où les ajustements auraient dû être versés

Loi sur l’équité salariale (LES), Art. 99

Conduite interdite (actes de mauvaise foi, arbitraires ou discriminatoires, négligence grave)

60 jours

À compter du fait reproché ou du moment où la personne en a eu connaissance

LES, Art. 101

Représailles (après une plainte ou une dénonciation)

30 jours

À compter de la date des représailles (ex. congédiement, baisse de salaire, menaces, etc.)

LES, Art. 107

Discrimination salariale présumée malgré l’exercice complété (y compris dans les entreprises de -10 salariés)

En tout temps

Dès la prise de connaissance par le salarié/syndicat

Charte des droits et libertés de la personne

Motif
de plainte

Délai pour porter plainte

Point de départ du délai

Source / Article(s) de loi

Sanction liée à une lésion professionnelle ou à l’exercice d’un droit (congé, suspension, déplacement, discrimination, représailles, sanction, refus de réintégration, PMSD)

30 jours

À partir de la connaissance de l’acte ou de la sanction dont on se plaint

Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST), Art. 227

Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP), Art. 32

Plainte ou signalement au sujet d’une situation dangereuse ou à risque en matière de santé et sécurité (hors lésion)

30 jours

À partir de l’événement en cause

Réclamation à la CNESST pour lésion professionnelle

6 mois

Suivant l’événement

LATMP, Art. 270

Droit de refus de travailler dans un milieu dangereux

Immédiat

Suivant l’événement

LSST, Art. 12 et Art. 13

Droit de refus temporaire (santé mentale, détresse causée par le harcèlement)

Immédiat

Suivant l’événement

LSST/jurisprudence (doit être justifié par un professionnel de la santé).

Non-respect des obligations de prévention ou d’identification des risques

En tout temps

/

LSST, Art. 51 et suiv. LSST

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